Voyage

Prague le temps d’un long week-end

J’ai 4 jours de libre et pense m’offrir un voyage à Prague, la ville des cent cloches. Déjà dans l’avion mon imaginaire commence ses élucubrations les plus disparates. Le trajet de l’aéroport jusqu’à l’hôtel me rappel l’une des 7 collines de Rome. Je loge à cent mètres du pont Charles où la vue est princière.
Le premier jour après mon petit déjeuner je me dirige vers ce mythique et magnifique Pont Charles sur la Vistule. Il est un véritable trait d’union entre la Vieille Ville et Mala Strana. A chaque extrémité, il est protégé par une tour. Les catholiques ont ajouté au long des années 75 statues sur toute la longueur du pont. La plus ancienne est celle qui représente le saint Jean Népomucène, devant laquelle tout le monde, ainsi que moi, faisons la queue pour la toucher.
Plus tard je me dirige sur la rive droite de la Vistule pour trouver Staromestske namesti, ou la Place de la Vieille Ville qui est le cœur de la cité C’est un endroit très animé, bordé d’agréables terrasses de cafés et envahi par des groupes de musiciens. On est frappé par la beauté et la diversité architecturale de la Vieille Ville qui présente un véritable «pot-pourri», l’exemple une même rue peut abriter une église romane, une tour gothique, une maison Renaissance, un palais baroque, une banque Art Nouveau et une galerie marchande contemporaine. Toujours dans la Vieille Ville mais cette fois quartier gothique ou quartier juif on peut apprécier la statue de Kafka qui m’émeut en me rappelant  mes lectures d’adolescente.
Je finis par manger dans un des restaurants de la chaîne Kampa, au bord de la Vistule et ma journée est terminée, j’ai la tête pleine de plaisantes images.
Le lendemain je me suis dit : il faut que je visite le château qui est le site touristique le plus populaire de Prague. Construit au IXième siècle, il s’agit d’un des plus vastes châteaux anciens du monde. Ses jardins très soignés feraient l’envie de Versailles. Depuis son plus haut point le panorama sur la ville, ses clochers et son océan désordonné de toits nous fait rêver d’autre temps.
De retour au centre ville avec peu des forces je me faufile dans un labyrinthe de ruelles pavées, d’anciennes cours, de passages obscurs et d’églises, qui mêlent les styles roman, gothique, baroque et Art nouveau.
Mais Prague est également une ville qui fait la part belle à la culture : musique, théâtre, opéra et festivals divers y occupent une place de tout premier ordre.
La capitale tchèque n’en est pas moins une métropole jeune et cosmopolite, très animée la nuit. Les clubs de jazz et bars sont ouverts jusqu’à une heure avancée de la nuit, et ce à des prix tout à fait abordables. Nous nous glissons d’un bar à un autre comme le font les jeunes Tchèques…
Nichée au creux de la cuvette de Bohême, sur les bords de la Vistule, Prague est une des villes les plus fascinantes d’Europe que j’ai pu voir. Elle symbolise superbement la rencontre de l’art et de l’histoire.  
Il suffit d’un week-end pour se faire une bonne idée des merveilles que recèle cette ville. Bien que j’adore me confondre avec les gens du lieu ici il n’y a pas besoin de prendre les transports en commun tout le monde marche sur les pavés.
V.vA.

Eclairage

UNE ASSOCIATION SUISSE POUR LA SAUVEGARDE DES MEDECINES TRADITIONNELLES TIBÉTAINES AU ZANSKAR :

Les tibétains se désintéressant de plus en plus des médecines traditionnelles, c’est tout un savoir qui s’en va avec les anciens. Le changement de mentalité nécessaire pour sauvegarder ce patrimoine est le but de l’association fondée par le Suisse Pierre Odier qui cherche par tous les moyens à revaloriser ces pratiques traditionnelles.

Le Zanskar, grand comme les deux tiers de la Suisse, est une haute vallée de l’Himalaya indien dans la région du Cachemire, peuplée par quelques quinze mille tibétains nomades qui se sont sédentarisés lors de l’invasion chinoise au Tibet. En été on y parvient par des sentiers caravaniers culminant a plus de 5000 mètres ou par une piste traversant le Cachemire et le Ladakh ouverte de juillet à octobre. Le reste de l’année, la neige bloque les cols et la vallée est coupée du monde, l’accès n’est alors possible qu’en remontant un fleuve gelé entre mi-janvier et fin février. Contrairement au reste du Cachemire qui est une région majoritairement musulmane, le peuple du Zanskar possède une culture bouddhiste originale et un mode de vie proche du Tibet voisin. Cette philosophie, empreinte de sagesse et de compassion, témoigne d’un immense respect à l’égard de la nature et de tous les êtres vivants.

Les tibétains du Zanskar font face à un grave problème : la perte du savoir médical local. Les jeunes quittant la région pour se rendre dans des grandes villes comme Leh ou Dehli dans l’espoir de gagner un peu d’argent en devenant chauffeur de taxi ou serveur, les médecines traditionnelles disparaissent avec les anciens. Ce précieux patrimoine ne les intéresse plus, ils préfèrent se faire une vie dans le « monde moderne ». En raison de ce détachement, les médecins locaux ont décidé de fonder une association pour la sauvegarde de leur savoir. Un organisme français s’est lui aussi intéressé au problème il y a plusieurs années et, en plus d’envoyer des fonds à l’association tibétaine, il fit construire un dispensaire pour que les locaux puissent y pratiquer leur médecine naturelle. Mais faute de voir une évolution dans les mentalités et des résultats positifs de leurs investissements, l’organisme a arrêté son activité au Zanskar.

Il y a quinze ans Pierre Odier, habitant d’Hermance à Genève et passionné par la culture tibétaine, accompagnait son ami Gilbert Leroy pour tourner un film au Zanskar. Il réalise alors le grand problème de la perdition de pratiques importantes et il décide d’aider lui aussi les Tibétains en créant sa propre association pour récolter des fonds destinés à soutenir toutes formes d’aide à la protection, au développement et à la transmission des médecines traditionnelles indo-himalayennes. Par son association, Pierre Odier cherche à mettre en oeuvre tous les moyens utiles et nécessaires à perpétuer le savoir médical local et à revaloriser le patrimoine et  la mémoire des populations tibétaines liés aux médecines traditionnelles du pays. Concrètement l’association sponsorise une dizaine de jeunes du Zanskar qui font des études dans de hautes écoles en Inde et qui ensuite reviendront chez eux pour permettre de développer les médecines naturelles. Ella a aussi permis de faire construire un deuxième dispensaire à coté de celui construit par l’organisme français, permettant ainsi d’assurer une permanence médicale et d’accueillir de plus en plus de patients. De plus, des jeunes médecins y sont envoyés pour faire des stages et apprendre le savoir traditionnel des anciens. Avec les fonds que l’association récolte, Pierre Odier achète aussi des plantes médicinales que l’on ne trouve que dans d’autres régions. Le prochain objectif est de mettre en place un champ à coté des dispensaires pour que ces plantes puissent être cultivées sur place.

Pierre Odier explique l’importance de préserver les médecines naturelles : « elles sont plus efficaces, le mal est traité différemment chez chacun en fonction de l’évolution de la maladie, les guérisons sont plus longues mais plus sûres ».  Il ajoute : « Aujourd’hui on commence dans notre société à voir tous les méfaits des médicaments et cherchons à revenir aux médecines naturelles. Au Zanskar les gens sont encore purs. Il faut sauvegarder leurs pratiques. Il est bien plus facile de préserver une médecine existante que d’y revenir une fois qu’elle a disparue ».

Aujourd’hui, Pierre Odier est content de voir les premiers résultats de son investissement : de plus en plus de patients sont soignés au dispensaire et les habitants du Zanskar devenus ses amis lui en sont très reconnaissants. Il reste conscient qu’un changement de mentalité est long mais continue dans cette voix et espère encore beaucoup de l’association.
Mélanie Bernasconi