Retrospective

Rétrospective avril, mai, juin 2006 : les nouvelles les plus marquantes

Voici le deuxième volet de notre rétrospective 2006. larticle.ch se penche ce mois-ci sur ce qui s’est passé en Suisse et dans le monde du mois d’avril au mois de juin. Pour ce faire, nous vous avons sélectionné une petite dizaine d’événements dans chacun de ces trois mois.

Pour commencer, remontons le temps jusqu’au mois d’avril :
10 avril : lors des élections italiennes, le leader de la coalition de centre gauche, Romano Prodi, succède au centre droit Silvio Berlusconi. Arrivederci Silvio !
11 avril : Bernardo Provenzano est arrêté en Sicile après quarante-trois ans de cavale. Il était le parrain des parrains de la Mafia.
18 avril : l’Europe de l’Est est sous l’eau. Le Danube et ses affluents débordent en Hongrie,  en Serbie, en Roumanie et en Bulgarie en créant des inondations dévastatrices.
21 avril : la reine Elisabeth d’Angleterre fête ses 80 ans.
25 avril : trois bombes explosent à Dahab, station balnéaire égyptienne. Le bilan est de 18 morts et 60 blessés.
26 avril : il y a déjà 20 ans que la catastrophe nucléaire de Tchernobyl a eu lieu. Triste anniversaire !
30 avril : la Suisse Romande est frappée par un triste fait divers. Le banquier Gerold Stadler      tue sa femme Corinne Rey-Bellet, ex-championne de ski, son frère Alain Rey-Bellet     et blesse leur mère. Deux jours plus tard, le corps de Gerold Stadler est retrouvé en- dessus d’Ollon (VD). Ce dernier s’est suicidé laissant derrière lui le petit Kevin      désormais orphelin.

Rappelons-nous maintenant de ce qui a marqué le mois de mai :
4 mai   : le Français Zacarias Moussaoui, 37 ans, est condamné à la perpétuité aux Etats-Unis. Il est considéré comme un des pirates de l’air des attentats du 11 septembre 2001.
6 mai   : Benoît XVI célèbre les 500 ans de la garde suisse du Vatican.
19 mai : après à l’immense succès du best-seller du même nom, la première mondiale du très    attendu « Da Vinci Code », avec Tom Hanks et Audrey Tautou, a lieu au Festival de Cannes.
21 mai : après référendum, la République du Monténégro se sépare de la République serbe.
27 mai : suite à un séisme d’une magnitude de 6,3 sur l’échelle de Richter sur l’île de Java en Indonésie, on dénombre 6’200 morts, 46 blessés et 650’000 sans-abri.
28 mai : le pape Benoît XVI se rend au camp d’Auschwitz. C’est la troisième fois qu’il y vient. Il déclare : « Je devais venir. C’était un devoir vis-à-vis de tous ceux qui ont souffert ici et vis-à-vis de Dieu. »
31 mai : deux automobilistes sont tués et deux camionneurs blessés par un pan de montagne tombé sur l’autoroute A2. Le tunnel du Gothard est fermé pendant 1 mois.

Pour terminer cette deuxième partie de rétrospective, revenons sur le mois de juin :
7 juin   : le chef d’al-Qaida en Irak, Abou Moussab Al-Zarkaoui, dont la tête valait 25 millions de dollars, est tué lors d’un raid aérien américain au nord-est de Bagdad.
9 juin   : coup d’envoi du Mondial 2006 en Allemagne.
11 juin : Rafael Nadal bat encore une fois Roger Federer sur terre battue. L’Espagnol conserve son titre de Roland-Garros. 
14 juin : Doris Leuthard entre au Conseil fédéral. Elle est son 109ème membre et la 5ème femme à avoir été élue à Berne.
16 juin : arrestation et emprisonnement du prince Victor Emmanuel de Savoie, 69 ans, enItalie. Il est accusé de trafic de machines à sous, de corruption et de proxénétisme.
19 juin : inauguration à l’ONU de Genève du nouveau Conseil des droits de l’homme.
20 juin : le musée du quai Branly à Paris, dessiné par Jean Nouvel, et dédié aux arts d’Asie, d’Afrique, des Amériques et d’Océanie, est inauguré.
28 juin : après dix-neuf jours de recherche, la police belge retrouve les corps de Stacy (7 ans)     et Nathalie (10 ans) à une centaine de mètres de l’endroit de leur disparition.

Voilà le 2ème quart de 2006 résumé. En relisant ceci, on réalise qu’une foule des faits se passent autour de nous partout dans le monde, à chaque minute. Et c’est le travail des rédactions comme larticle.ch de nous les transmettre.
Virginie Burion

Édito

“Qu’est-ce qu’on mange ?“

Par Zoé Decker
De la restriction alimentaire aux risques d’obésité, l’alimentation n’a jamais posé autant de problèmes à l’être humain dans une société où règne pourtant l’abondance de nourriture.
Autrefois, l’obésité était la « maladie » des riches, elle était fortement représentée dans la haute classe sociale bourgeoise et était synonyme de bien-être et de bonne santé. Actuellement, ceux qui profitent pourtant le plus des programmes nutritionnels amaigrissants sont les mieux nantis. Les dérives alimentaires ont-elles donc tendance à s’inverser ?
De nos jours, en parallèle à la déstructuration de la famille, les traditions alimentaires sont de plus en plus bafouées : le comportement à table, le temps que l’on y consacre, la rythmicité des repas, la variété de l’alimentation, le partage du repas de manière collective souffrent des nouveaux modes de vie.
L’alimentation des êtres humains n’a jamais été purement individuelle. Bien au contraire, dans l’histoire de l’humanité, manger est non seulement une question collective régie par la culture et la société, mais elle se trouve au centre de l’organisation sociale. Elle est une affaire de partage, de répartition, de distribution, d’échange. Le lien social passe, notamment, par la nourriture et il la régule. En désocialisant l’alimentation, loin de résoudre le problème, nous l’aggravons, en faisant peser sur l’individu une culpabilité trop lourde, en le transformant en une sorte “d’atome social glouton“.
Pourtant, l’acte de manger reste éminemment complexe. La connaissance que l’on a des aliments et de leurs rôles dans la gestion de notre capital santé représente un des déterminants essentiels des choix alimentaires. Mais ceux-ci se complexifient par la situation paradoxale dans laquelle nous nous trouvons : d’un côté la médecine, les autorités, l’industrie, les médias nous accablent de mise en garde, d’avertissements, de “bonnes recettes“ qu’il s’agisse de recettes de cuisine ou d’amaigrissement. De l’autre côté, nous observons l’explosion – soutenue par des campagnes de publicité massive – des fast-foods (la “malbouffe“) et un développement de cette alimentation rapide, grasse, consommée à tout moment et ne répondant pas à nos besoins physiologiques. On connaît les effets de ce manque d’hygiène culinaire : les crises cardiaques et l’obésité.
Surpris par l’abondance, la multiplicité, parfois le caractère contradictoire de ces recommandations et mises en garde de la société, nous nous tourmentons de plus en plus à propos de la manière dont nous gérons notre “univers alimentaire“. Aujourd’hui, par l’intermédiaire des médias de masse, la société demande à l’individu de répondre à des critères de plus en plus sévères pour être bien dans sa peau et vivre heureux. Au royaume des “ventres pleins“, on ne mange plus pour survivre ou pour vivre tout simplement, mais pour vivre mieux et plus longtemps.
Mais ces impératifs ont pour toile de fond le fait que la majorité de la planète a le ventre vide et ne trouve pas de quoi se nourrir.
Comment mieux manger ? N’est-ce pas là une question, un luxe, que seuls les individus riches peuvent se poser ? La principale interrogation ne serait-elle pas « comment résoudre cette inégalité nord-sud ? »