
Vous devez parcourir quelques kilomètres. Votre GPS vous indique un trajet direct de dix minutes. Pourtant, avant même de démarrer, vous consultez une deuxième application, comparez plusieurs itinéraires, imaginez un raccourci… et, au bout du compte, vous partez plus tard que prévu.
Cette scène vous semble familière ? Elle illustre parfaitement une vieille expression française : il ne faut pas chercher midi à quatorze heures. Autrement dit, inutile de compliquer une situation simple ou de chercher des difficultés là où il n’y en a pas.
Une expression vieille de plusieurs siècles
Apparue au XVIIᵉ siècle, cette formule se moque gentiment de ceux qui réfléchissent tellement qu’ils finissent par perdre de vue l’évidence. Midi est une heure fixe. Vouloir le trouver à quatorze heures relève de l’absurde.
On entend également la variante : aller chercher midi à quatorze heures, qui véhicule exactement la même idée.
Pourquoi compliquons-nous les choses ?
Notre cerveau est parfois étonnant. Face à une situation simple, il cherche spontanément des complications, comme si la solution la plus évidente ne pouvait pas être la bonne.
Cette tendance ne concerne pas seulement notre vie quotidienne. Les ingénieurs, les chercheurs, les responsables de projets ou les concepteurs de nouvelles technologies peuvent eux aussi être tentés d’ajouter des fonctions, de prévoir tous les cas possibles ou d’anticiper des difficultés hypothétiques. Or, bien souvent, la meilleure solution reste aussi la plus simple.
Des situations que nous connaissons tous
Qui ne s’est jamais reconnu dans l’une de ces scènes ?
Vous souhaitez reporter un repas avec un ami. Un simple « Désolé, je ne peux finalement pas venir. Peut-on remettre cela à une autre fois ? » suffirait largement. Pourtant, vous passez vingt minutes à reformuler votre message, à modifier une virgule ou à chercher le mot parfait.
Ou encore, vous avez besoin d’un simple vêtement ou d’un outil. En quelques clics, vous pourriez avoir trouvé ce qu’il vous faut. Mais vous comparez pendant des heures des dizaines de modèles, consultez d’innombrables avis et finissez par ne plus savoir lequel choisir.
À force de vouloir prendre la meilleure décision possible, on finit parfois… par ne plus décider du tout.
Une vieille expression très moderne
Nous vivons dans une époque où tout nous pousse à comparer, analyser et optimiser. Internet nous offre une multitude d’informations, mais aussi une infinité de choix. Ce qui devrait simplifier notre vie la complique parfois.
Nous avons peur de nous tromper, alors nous cherchons toujours une meilleure solution. Pourtant, cette solution idéale n’existe pas toujours.
Comment éviter de chercher midi à quatorze heures ?
Quelques habitudes peuvent nous aider à retrouver le sens de la simplicité.
Faire une pause. Lorsqu’une décision devient confuse, quelques minutes suffisent souvent pour retrouver de la clarté. Un café, un thé ou une courte promenade permettent parfois de remettre les idées en ordre.
Se poser une question simple. Si je devais expliquer ce problème à un enfant, quelle serait la solution la plus évidente ? Cette question oblige à revenir à l’essentiel.
Appliquer le rasoir d’Ockham. Ce célèbre principe philosophique rappelle que, lorsqu’il existe plusieurs explications ou plusieurs solutions, la plus simple est souvent la meilleure.
Se fixer une limite de temps. Deux minutes pour choisir un plat au restaurant, cinq minutes pour répondre à un courriel, dix minutes pour comparer un achat courant. Une contrainte de temps empêche le cerveau de fabriquer des complications inutiles.
En conclusion
Cette vieille expression a traversé les siècles parce qu’elle reste profondément actuelle.
À vouloir tout analyser, tout prévoir et tout contrôler, nous risquons parfois de perdre un temps précieux… et un peu de notre tranquillité d’esprit.
Après tout, la solution la plus intelligente n’est pas forcément la plus compliquée. Bien souvent, elle est simplement celle qui se trouve juste devant nous.
Il suffit parfois d’accepter que, lorsque le soleil est au zénith… il est tout simplement midi. Et si, malgré tout, vous continuez à chercher midi à quatorze heures… vérifiez simplement votre montre. Elle vous dira peut-être ce que votre esprit refuse encore d’admettre.
P.duN.
