Retrospective

Ce dont il vaut la peine de se souvenir

Suite et fin de notre rétrospective de l’année 2006. Retour sur les événements qui ont marqué l’actualité des mois d’octobre, novembre et décembre.

Le 7 octobre, à Moscou, la journaliste Anna Politkovskaïa est assassinée par balles dans le hall de son immeuble pour s’être opposée à Vladimir Poutine.
Le 9, la Corée du Nord annonce avoir réalisé le premier essai nucléaire de son histoire. Cette déclaration engendrera des tensions entre le Pays du matin calme et l’ensemble de la communauté internationale, qui décidera des sanctions économiques contre Pyongyang.
Le 13, Mohammad Yunus, fondateur et président de la Grameen Bank, organisme qui propose des prêts aux personnes les plus démunies du Bangladesh, reçoit le Prix Nobel de la Paix.
Le 24 octobre, sur le circuit brésilien d’Interlagos, le septuple champion du monde de Formule 1 Michael Schumacher dispute la dernière course de sa carrière. Au terme de celle-ci, le pilote espagnol Fernandon Alonso est consacré champion du monde pour la deuxième année consécutive.
Le même jour, craignant probablement la venue du plombier polonais, le peuple suisse accepte les nouvelles lois sur les étrangers et sur l’asile. Au lendemain des votations, Amnesty International constate que « la Suisse se dote des lois les plus restrictives en Europe alors que les demandes d’asile n’ont jamais été aussi peu nombreuses depuis vingt ans ».

Au mois de novembre, l’organisation anti-corruption Transparency rend son rapport annuel. Haïti, la Birmanie et l’Irak sont les pays où la corruption est la plus ressentie par la population. Sur une échelle allant de 0 (très corrompus) à 10 (pas du tout corrompus), Haïti obtient 1,8, la Birmanie et l’Irak 1,9. La Suisse se classe 7ème avec une note de 9,1. La Finlande, l’Islande et la Nouvelle-Zélande se partagent la première place avec un score de 9,6. L’Allemagne est 16ème (8,0), la France 18ème (7,4) et les Etats-Unis 20ème.
Pendant ce temps à Genève, Kofi Annan visite pour la dernière fois le siège de l’ONU en tant que secrétaire général. Quelques semaines plus tard, il cédera son siège au sud-coréen Ban Ki-moon.
Le 6, le prix Goncourt est attribué au livre « Les Bienveillantes » de Jonathan Littel.
Le 7, aux Etats-Unis, le parti démocrate remporte les élections partielles destinée à renouveler la Chambre des Représentants et le tiers du Sénat. Ce qui entraînera, le lendemain, la démission du Secrétaire d’Etat à la Défense Donald Rumsfeld.
Le 16 en France, Ségolène Royal est élue candidate socialiste à l’élection présidentielle par les membres du PS au détriment de Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn. Le 23, le cinéma français perd l’un de ses plus fidèles serviteurs. Philippe Noiret meurt à l’âge de 76 ans.

En décembre, l’Organisation de l’aviation civile internationale annonce que le trafic aérien a progressé d’environ 5% en 2006, selon les données récoltées auprès des 189 pays membres de l’association. Au total, 2,1 milliards de personnes ont pris l’avion durant l’année, ce qui constitue un record historique. Dans un même temps, l’Aéroport international de Genève enregistre  également un record de fréquentation avec près de dix millions de passagers.
En Angleterre, la ville d’Ipswich est plongée dans l’horreur. Cinq prostituées ont été assassinées en l’espace de quelques semaines, vraisemblablement par le même homme. Le spectre de Jack l’Eventreur refait surface.
Le 4, la Nasa projette d’établir sur la Lune, d’ici une quinzaine d’années, une station habitée qui servira d’avant-poste à différentes expéditions spatiales, notamment en direction de Mars.
Le 10 décembre, victime d’une crise cardiaque, l’ancien dictateur chilien Augusto Pinochet meurt à l’âge de 91 ans. Sans avoir été jugé. Le jour de Noël, le monde musical est en deuil. James Brown, le Godfather of Soul, n’est plus.
Le 30, en Irak, Saddam Hussein est exécuté par pendaison.
D.N

Spectacles

Plonger dans la fidélité

Viviana von Allmen
Cuche et Barbezat se sont fait la cour, le lundi 15 janvier au théâtre Palace de Bienne, comme ils le font depuis 20 ans. La salle du théâtre était pleine à craquer.
Dans « Plouf », de et par Cuche et Barbezat, le duo complice se livre une nouvelle fois au public spontanément, sans complexe, mais d’une manier purement professionnelle.
La mise en scène de Michèle Guigon se concentre sur la notion de l’espace et la philosophie toute particulier des auteurs.
Le spectacle, c’est l’histoire d’amour d’un couple d’humoristes qui ne renoncent pas à partager leur intimité et leur complicité avec les spectateurs. Barbezat se lance et dévoile le thème principal de son livre : « Dans mon livre sur l’amour, ils disent qu’on peut faire l’amour sans jouir. C’est même mieux!…»  Il fait le lien avec la scène quand Cuche affirme: «Le théâtre c’est comme faire l’amour.»
Ainsi, il propose au public de transposer l’adage hindou au spectacle humoristique donc il faut se retenir… de rire. C’est même mieux!»
Il suffirait pour cela de se mordre les joues, question de savourer pleinement le spectacle. Des gestes didactiques se succèdent sans fin et le public éclate de rire.
Barbezat, en maître, commande des blagues à Cuche ce dernier obéit avec une soumission qui est à la hauteur du rôle. Il commence par la plaisanterie de l’avion, de Toto, etc., mais le maître se fait un plaisir fou de l’interrompre.  Son but : l’amener à jouer la première tirade d’Hamlet qui se répète en boucle et à toutes les sauces.
Leur secret est une complicité à toute épreuve.
Le décor, un bric-à-brac : un fauteuil, un escabeau, des balles, un caddie, une paire de skis, des objets les plus absurdes. Seront-ils destinés à finir dans l’accessoire centrale de la scène, la benne à ordures ? Non.
C’est Cuche qui comme un athlète confirmé plonge avec le naturel d’un poisson. Et c’est avec une remarquable simplicité que la benne à ordure se transforme en boîte à musique grâce à la magie des compositions au piano d’Alain Roche.
Ils achèvent le spectacle en mettant en scène deux marionnettes représentant Cuche et Barbezat, qui ensemble et en toute harmonie plongent dans la benne. Cette dernière scène est tout un symbole. Elle se réfère à leurs début quand ils se sont lancée à corps perdu dans une carrière théâtrale aléatoire.
On frémit, en même temps que l’on rit de l’audace de ce duo qui n’a reculé devant aucune limite lors de la conception de ce véritable show.