Analyse

Pourquoi pleurer ?

 

L’émotion joue un rôle essentiel dans la vie des Hommes. Souvent, ceux-ci  cherchent à la cacher car « la norme» l’exige. Surtout lorsque l’on est un homme, mais pas seulement… Enormément de gens tentent désespérément d’intérioriser ces sensations dans leur for intérieur. Plusieurs d’entre-eux essaient de les gérer, mais ce sont hélas souvent ces individus qui se sentent le plus mal alors qu’ils ne cherchent qu’à « faire comme les autres ». Est-il vraiment possible d’apprendre à gérer ses émotions ? Ou alors, est-ce qu’au contraire celles-ci sont une sorte de réflexe ? Un automatisme non-conscient tel que la respiration, les battements du cœur et autres fonctions biologiques ?

Il est difficile de savoir appréhender ses émotions. Mais plus difficile encore est le fait de les admettre et de finir par les accepter. Cependant plus on vieillit, plus elles deviennent communes. Il est toutefois nécessaire de rappeler qu’afin de savoir manier l’art des émotions, il faut savoir utiliser les outils adéquats à ce monde tant compliqué et pourtant si naturel : le monde des émotions. En effet, chacune d’entre-elle devrait être décodée afin de savoir ce qui se passe en nous, et donc par là, savoir se recentrer. Or, ce mécanisme reste très complexe et peu de gens savent s’en servir correctement. Il est possible – dans une moindre mesure- de savoir jongler avec ses émotions. Pour cela il faut néanmoins  avoir déjà une certaine expérience acquise. Mais, à quel prix ?

L’expression des sentiments reste un choix très personnel. Toutefois si l’on cherche désespérément à les dissimuler, on finit par se perdre. On risque d’être déconnecté des besoins. Ceci se traduira, avec le temps, par de profonds malaises. Pire que cela, on peut même finir par perdre le contact avec l’autre. En cherchant à dissimuler ces émotions, réactions vivantes et naturelles tant redoutées, on risque de perdre la relation précieuse du contact humain. La relation se détériorera et finira par ne laisser place qu’à un lien neutre qui sera finalement remplacé par une distanciation avec l’autre.

À la naissance, l’être humain ne sait que différencier le bien du mal, or il lui est impossible d’échelonner l’intensité de ces sensations. Par la suite, s’établissent alors nos structures mentales capables de différencier toutes ces sortes d’émotions ainsi que leur puissance. Pour les fervents machistes qui se laissent encore parfois surprendre une larme perlant le long de leur joue, n’ayez aucune crainte… S’il vous arrive de ne pas pouvoir vous retenir, sachez qu’avec le temps et l’expérience vous serez davantage capable de dissimuler ce genre de « désagrément » au plus profond de votre être. Ceci vous évitera donc de passer pour une « gonzesse » …

D’ailleurs, pourquoi les hommes n’auraient-ils pas, tout comme les femmes, le droit d’exprimer ce qu’ils ressentent ?

Certes, c’est une manière de se protéger, d’éviter que l’autre ne puisse nous atteindre. On a souvent peur du jugement et de la réaction de l’autre. On voit toutefois bien clairement que le fait de vouloir refouler ses sentiments peut s’avérer coûteux, surtout si l’on en arrive à vouloir se cacher à soi-même ses propres émotions. Si on cherche à les retenir, ou si on ne se rend carrément plus compte qu’elles sont présentes, elles prendront de plus en plus de force au fil du temps et de leur accumulation.

Aujourd’hui la frontière entre les sexes tend à s’estomper, celle-ci n’est plus autant marquée qu’auparavant. Les normes de la société jusqu’ici stipulaient qu’un homme ne pleure pas pour rien. Or, aujourd’hui notre perception à changé dans la mesure où un homme viril n’est pas synonyme d’un cœur de pierre. Pourtant on remarque que malgré cela, le poids culturel est encore lourd et qu’il bride encore bien trop souvent les hommes dans l’expression de leurs émotions. Ils se retiennent donc plus ou moins consciemment.

Pour eux, pleurer est synonyme d’inaction. C’est en quelque sorte une défaite. Ils n’y ont donc recourt qu’en désespoir de cause d’où l’expression « plus que ses yeux pour pleurer »…  Les hommes pensent que les larmes sont une sorte de signe d’impuissance.

Il est important de tenir compte de ses émotions. Celles-ci sont essentielles afin de garder une certaine stabilité psychologique ainsi que le bien être. D’après ce qu’on peut voir, les hommes sembleraient penser qu’il est préférable de devenir fou plutôt que de montrer ses émotions. Je vous laisse donc, messieurs, méditer à cela…

Awi



Édito

L’intelligence émotionnelle : boulot, boulot…

Comme l’exprimait certains scientifiques, on pourrait croire que donner cours à nos émotions ou mettre en fonctionnement notre « intelligence émotionnelle » serait la formule magique pour bien vivre.

Cette façon de se comporter serait essentielle pour avoir une vie équilibrée, aussi bien personnelle qu’en société ou au travail. Le rôle joué par nos émotions dans la vie quotidienne devrait nous assurer une optimisation de notre fonctionnement. Théoriquement, elles augmentent les chances de survie, améliorent la prise de décisions et enfin elles jouent aussi un rôle favorable, dans nos relations sociales.

Mais à chacun de nous il s’associe un passé plein d’expériences qui façonnent l’organisation de nos schémas de pensée.

Quelquefois, les émotions qui nous gouvernent, nous enferment, nous rendent fous… Ces ressentis qui nous donnent la sensation d’intensité, la preuve illusoire que nous existons, le moyen d’entrer en contact avec le monde, les autres, nous-mêmes… Certains disent qu’il existe des émotions authentiques qui auraient leur juste place… D’autres parlent d’émotions superficielles, manipulatrices, non adaptées… et beaucoup proposent des explications, des modes d’emploi, des pistes de réflexion… Comment s’y retrouver dans ce dédale de théories et de pratiques ?

Il faut travailler. Oui, en étant des êtres grégaires il faut apprendre à doser quelque-chose d’aussi naturel que nos émotions.

Le processus n’est de loin pas facile. Avant de les décoder, il faut déjà comprendre ses émotions. S’accorder un temps pour laisser vivre ce qui nous arrive, a un effet bienfaisant. Ainsi, écouter la tristesse ou la déception face à tel événement, les laisser s’exprimer comme elles sont en nous, peut nous aider à trouver l’issue favorable qui permettra de nous adapter à la situation ou de traverser la difficulté. Tandis que si ce ressenti est refoulé parce qu’il n’est pas agréable, il va rester là, encombrant notre sensibilité, sans que nous en ayons conscience.

Les émotions se manifestent volontiers sous forme de sensations physiques (tension dans le corps, mal de tête ou de ventre, cœur qui bat…), mais on n’identifie pas toujours que ces signes sont l’expression d’une émotion. Donc, il faut leur donner un nom, analyser si elles sont positives ou le contraire, faire acte de la situation, repérer le facteur déclencheur, les redimensionner, faire un lien, si possible, avec nos expériences de l’enfance…

À notre grande surprise, l’intelligence émotionnelle n’est pas «naturelle». Il y a des lois, des règles, des manières de se parler à soi et aux autres qu’on devrait apprendre pour pouvoir bien vivre.

Alors, si vous avez des émotions et un peu (beaucoup) de temps, au Boulot !

V.Va.