Cinéma

Django Unchained : Tarantino remet la sauce…

Après Unglorious Bastards, QuentinTarantino revient en force avec un nouveau trésor d’originalité cinématographique, nommé Djungo Unchained. Fidèle à son style, le réalisateur s’est lancé cette fois sur un sujet plus sérieux, celui de l’esclavage en Amérique. Aperçu.

Django unchained est l’histoire du parcours d’un esclave noir vers la liberté, guidé par un chasseur-de-prime, qui l’amènera même jusqu’à sa femme. L’esclave Django est incarné par Jamie Foxx, et on retrouve Christoph Waltz, dans le personnage d’un sociopathe déjanté, tandis que DiCaprio « succède » à  Brad Pitt, dans le rôle d’un businessman esclavagiste détestable.

Le film est intense, drôle, parfois touchant. Il rassemble un mélange des genres fascinant, avec des influences retraçant toute l’histoire du cinéma américain. Tarantino nous emmène dans l’univers du XIX siècle de l’Amérique sudiste et tous ses paysages, enchaînant les situations extrêmes et détaillées, tout en livrant quelques anecdotes subtiles sur l’Amérique et son rapport particulier à la liberté. Le tout se déroule sans surprise sur son thème d’arrière-fond habituel : celui la vengeance.

Flirtant souvent avec le second degré, Tarantino s’amuse avec la réalité sans jamais vraiment en sortir,  mais il  ne peut malheureusement pas s’empêcher de rester sérieux et se lâche complétement sur la fin, dans une scène de fusillade sale et gratuite, qui pourrait prendre une tournure grotesque de Série-B pour ceux qui manqueraient d’humour.

Au final, même si Tarantino semble toujours utiliser les mêmes ingrédients, il évolue ; DjAngo unchained est sûrement son film le plus engagé et le plus abouti. On doit bien reconnaître la maestria d’un artiste libre, se moquant des codes, jouant avec les angles et  les langues, imposant son art. A travers des scènes délirantes, une violence quasi omniprésente, des personnages extravagants hors des caricatures et des clichés, ou des monologues en série jamais soulants, il capte notre attention et nous fait partager jusqu’au goût-même du cinéma…

JonS

Analyse

La guerre du Röstigraben

Petit pays de quelques 8 millions d’habitants, la Suisse a la particularité d’avoir 4 langues officielles et presque autant de cultures différentes. Suisses Allemands, Romands, Tessinois ou Romanches, chacun y met son grain de sel et finalement, est-ce une force ou une faiblesse?

La Suisse, notre beau pays tout en vallées et montagnes, lacs et rivières. La joie et le bonheur règnent et chacun salue son voisin. Non? Pas tout à fait. Car la Suisse a la particularité bien connue de, non seulement parler plusieurs langues, mais aussi d’héberger plusieurs cultures en son sein. Suisse allemands, Romands ou Tessinois, tous sont des habitants de ce pays qu’est le nôtre, chacun a un point de vue différent, ce qui peut engendrer parfois quelques frictions.

Dès la création de la Suisse, que ce soit lors de la création du fameux pacte fédéral de 1291, de la constitution de la République Helvétique par Napoléon, du Sönderbund ou de la Constitution qui en a suivi, les tensions ont toujours fait partie du quotidien des Suisses. Mais pour mieux comprendre toutes ces différences – culturelles, idéologiques, etc., il nous faut revenir en arrière et explorer quelque peu l’histoire suisse.

Posons le contexte, de vertes vallées, des seigneurs féodaux de tous les côtés qui essayent de prendre le plus de territoires possibles et des cantons par encore tellement formés. Nous sommes en 1291 et trois familles, qui représentent les cantons actuels de Uri, Schwytz et Unterwald, signent un pacte et s’engagent pour la paix territoriale. Petit à petit, d’autre Cantons s’ajoutent, mais, les accords se multiplient, il n’y en a pas un seul en commun et ce qu’on prend pour la création de notre belle suisse n’est en faite qu’un accord qui s’est multiplié, dans le désordre, à d’autres cantons, sans créer une réelle unité.

Par la suite, l’Helvétie deviendra une république, sous l’ère Napoléonienne, puis, une fois libérée du joug français, connaîtra une guerre civile. En effet, revenue en arrière après avoir connu la monnaie unique, de nombreuses tensions ont divisé le pays, menant à la guerre du Sonderbund qui dura 26 jours et fit 100 morts. Cantons conservateurs opposés aux cantons libéraux, fédéralistes opposés aux centralistes, les oppositions étaient plutôt de nature idéologique que linguistique ou culturels. Mais cela permis de donner naissance à la Suisse moderne que nous connaissons, non sans quelques autres tensions.

L’histoire de la Confédération Helvétique, peu connue, reflète bien les complications de ce pays. Dès sa création et jusqu’à ce jour, il y a toujours eu des conflits, des rivalités et des dissensions. La question que l’on peut donc se poser: est-ce une chose négative? Ou bien ces différences rendent-elles le pays plus fort? Pour pouvoir réponde à cela, penchons-nous sur différents aspects: les votations et la politique tout d’abord, la culture par la suite.

Comme chaque citoyen suisse qui vote, surtout lors de sujet sensible, on peut toujours remarquer des dissensions Suisse Romande – Suisse Allemande, ainsi que des différences villes – campagnes. Comme lors de l’initiative de l’UDC, soumise à votation, pour le « renvoi des étrangers criminels »: les Romands ont très nettement refusé, les Valaisans et Fribourgeois un peu plus modérément, puis Berne et Zurich suivent la tendance. Le reste des Alémaniques acceptèrent cette loi. Le pays est ainsi régulièrement coupé ainsi, surtout lorsque ce sont des initiatives de l’UDC qui sont en jeux. Dans ce cas précis, cela semble plus diviser notre nation, ce qui n’est pas très positif.

Pour ce qui est de la culture, on ne peut affirmer qu’il y en ait qu’une en Suisse. Bien au contraire, chaque partie, voire cantons ont leurs spécificités. Cet état de fait est le bienvenu car c’est la multiplicité des cultures qui ouvre les esprits et enrichi. Romand, Alémanique et Tessinois sont différents et ont donc besoin de peut-être un peu plus de créativité pour se comprendre. Ce qui, chacun le concédera, est un avantage non seulement à l’intérieur même du pays, mais aussi à l’international, afin de mieux comprendre les autres cultures. C’est aussi pour cela que la Suisse excelle sur le plan diplomatique.

Ainsi, que nous voyons cela de manière négative ou positive, il y a bien des différences dans ce pays. Elles engendrent des tensions mais donnent aussi une certaine force à ces citoyens qui ont appris à cohabiter avec d’autres dès la plus tendre enfance. La guerre du Röstigraben est loin d’être terminée, mais pour mettre tout le monde d’accord, pourquoi ne pas en discuter autours d’une bonne fondue?

ChaM