Eclairage

Mythes et réalités du végétarisme

 

Mythe : Etre végétarien, c’est meilleur pour la santé :

Réalité : Le végétarisme possède la réputation d’être plus sain, car la viande rouge contient beaucoup de graisses saturées et de cholestérol. De multiples études scientifiques ont prouvé que ces derniers contribuent à la hausse des maladies cardiovasculaires dans les pays industrialisés. Le régime végétarien serait donc meilleur pour la santé. Néanmoins, une alimentation végétarienne mal équilibrée peut être tout aussi néfaste qu’une alimentation presque exclusivement carnivore. Nombre de végétariens remplacent la viande par des œufs, du fromage et autres produits laitiers qui contiennent tout autant de matière grasse saturée que la viande ou, pire encore, suppriment simplement la viande de leur repas sans la remplacer. Pour qu’un régime végétarien soit bon pour la santé, il est très important qu’il soit équilibré et surtout varié. D’ailleurs, pour rendre leur alimentation encore plus saine, beaucoup de végétariens optent également pour des aliments pauvres en graisse, en caféine, sucre, alcool et de nature biologique. Ne pas manger de viande tout en continuant de manger deux paquets de bonbons par jour ne va pas améliorer la santé de quiconque.

Mythe : Les végétariens sont tous des fanatiques de la cause animale :

Réalité : il y a une multitude de raisons qui poussent les gens au végétarisme.  En effet certaines personnes sont végétariennes car elles ne veulent pas manger d’animaux qui sont, dans la plupart des cas, élevés dans des conditions inimaginables. Un autre facteur décisif pour certains est le fait que l’on doit utiliser plusieurs millions de tonnes de nourriture pour nourrir des animaux qui servent exclusivement à nous alimenter alors même que des millions de personnes meurent de faim dans le monde. Toute l’énergie et  l’argent dépensés pour élever des animaux  « comestibles » pourraient rendre beaucoup de services dans d’autres domaines. Le bilan écologique de cette production est également négatif.

Bien des végétariens optent pour cette alimentation  en raison de facteurs de santé, car un régime végétarien équilibré peut être plus sain qu’un régime omnivore. D’autres le font car leurs croyances religieuses leur interdit de manger de la viande ou seulement de certaines espèces tel que le porc.

Mythe : Les végétariens mangent tous des œufs et des produits laitiers.

Réalité : Il existe différents types de végétarisme : Une majorité des végétariens sont ce qu’on appelle des « lacto-ovo végétariens » ; ils consomment donc bien des produits laitiers et des œufs. Mais d’autres sont « ovo-végétariens » ou « lacto-végétariens » et mangent soit des œufs ou des produits laitiers mais pas les deux. La forme la plus restrictive du végétarisme est le végétalisme qui consiste à ne manger aucun aliment provenant d’animaux, c’est-à-dire, non seulement pas d’œufs ni de produits laitiers, mais également pas de miel, d’ovomaltine, de bonbons aux graisses animales comme les « Haribo » ou quoi que ce soit qui pourrait en contenir. Certains vont encore plus loin et en font un mode de vie à part entière, n’utilisant même pas de vêtements faits en laine de moutons. Depuis peu on entend beaucoup parler d’un nouveau phénomène de mode, le flexitarisme. Ce sont des personnes demi végétariennes qui mangent occasionnellement du poisson ou du poulet, ou même de la viande rouge  mais qui gardent un régime végétarien la plupart du temps.

Mythe : Les végétariens doivent manger plus de légumes qu’un carnivore:

Réalité : Effectivement les végétariens mangent de manière générale plus de légumes, car ce sont des bonnes sources de différents minéraux et vitamines. Pourtant lorsqu’on compare la pyramide alimentaire omnivore ou classique et la végétarienne, l’on s’aperçoit que toutes deux recommandent exactement le même nombre de portions de légumes par jour. Malheureusement, beaucoup de personnes omnivores ne suivent pas leur pyramide alimentaire, ce qui créé l’impression que les végétariens mangent plus de légumes.

Mythe : Les végétariens ne consomment pas assez de protéines.

Réalité : En effet, si comme certains semblent croire, les végétariens ne consommaient que des légumes, un manque de protéines pourrait se manifester. Il existe toutefois toutes sortes de bonnes sources de protéines végétales telles que des produits à base de soja comme par exemple le tofu, toutes sortes de légumineuses ou encore de graines comme le quinoa, sans compter les protéines provenant de produits laitiers et/ou œufs. Un régime végétarien avec un manque de protéine est très rare.

Mythe : Les végétariens ont plus de carences de fer :

Réalité : Des études ont démontré un taux de carence en fer tout à fait similaire entre les végétariens et les omnivores. En effet, la viande rouge est la meilleure source de fer que l’on connaisse, mais il y a toute une variété d’aliments végétariens qui en contiennent également et qui sont beaucoup plus sains et pauvres en graisses que la viande comme par exemple les graines de soya, les épinards, les lentilles, les raisins et abricots secs. Il faut néanmoins manger  une quantité assez importante de ces aliments  pour arriver à la même quantité de fer qu’en consommant de la viande rouge. Ceci peut être un problème  dans les périodes de la vie où des carences en fer peuvent se manifester rapidement: chez les enfants, chez les femmes réglées et chez les femmes enceintes. Par ailleurs, le fer provenant de plantes est beaucoup moins bien absorbé que le fer de provenance animale. Un bon moyen pour « booster » l’absorption est de consommer des aliments riches en vitamine C en même temps que ceux riches en fer. Le jus d’orange par exemple triple la proportion de fer absorbée. Par contre, les aliments riches en calcium diminuent la quantité de fer absorbée par le corps. Il est recommandé d’éviter de manger des produits laitiers avant, pendant et juste après son « repas fer ».

Mythe : Manger végétarien fait perdre du poids.

Réalité : Ne pas manger de viande ne devrait pas en soi entrainer de perte de poids à moins que l’alimentation ne contienne plus suffisamment de calories. Ceci qui peut vite arriver aux personnes mal préparées et informées et peut être très dangereux pour leur santé.

Finalement, le régime végétarien n’est pas nécessairement beaucoup plus sain qu’un régime omnivore. Sans se préparer correctement, devenir végétarien peut même être plus mauvais pour la santé que de manger de la viande. Mais pourquoi ne pas se laisser tenter quand même et essayer juste quelques jours ? Après tout, si l’on refuse de manger de la viande de chat ou de chien pourquoi mange-t-on celle de veau ou de poule ? Sans compter le nombre de personnes qui meurent chaque jour de faim alors que l’on dépense des millions à engraisser des animaux pour les abattre.

Seka


Enquête

Obésité et santé : le bon équilibre

L’indice de masse corporelle (IMC) est une mesure simple de l’obésité. Il correspond au poids de la personne (kg) divisé par le carré de sa taille (m2).

L’OMS, Organisme Mondial de la Santé, définit le surpoids pour un IMC égal ou supérieur à 25 et l’obésité à partir de 30. Un IMC élevé est un important facteur de risque de maladies cardiovasculaires, d’hypertension, de diabète ou de troubles musculo-squelettiques — surtout l’arthrose. De nombreuses études ont confirmé le lien entre le surpoids et le risque de cancers de l’œsophage, du colon, du foie ou des reins. Par ailleurs, une étude sur la souris pointe le rôle de l’obésité sur le développement des signes biologiques caractéristiques de la maladie d’Alzeimer.

L’apparition du diabète est du à l’excès de cellules adipeuses. Elles perturbent l’action de l’insuline, l’hormone contrôlant le taux de sucre dans le sang et provoquent ainsi une insulino-résistance. Le taux de sucre n’est plus régulé ce qui favorise le stockage des graisses et des complications cardiovasculaires sont à prévoir.

C’est surtout le déséquilibre entre l’apport calorique quotidien et les dépenses énergétiques qui favorise la prise de poids et certains facteurs peuvent renforcer le phénomène, notamment : l’hérédité, la culture alimentaire, la sédentarité, l’arrêt du tabac.

Le surpoids et l’obésité sont le cinquième facteur de risque de décès au niveau mondial. L’obésité accroît le risque de mortalité de 29% par rapport aux sujets normaux et le nombre de cas a doublé depuis 1980. Le surpoids concerne 1,4 milliard de personnes de 20 ans et plus (2008) et près de 43 millions d’enfants de moins de cinq ans (2010).

L’OMS a élaboré un Plan d’action 2008-2013 pour sa Stratégie mondiale qui vise à encourager une alimentation saine et de l’exercice régulier. Il propose d’instaurer et de renforcer des initiatives en faveur de la surveillance, de la prévention et de la prise en charge des maladies liées à l’obésité. Ainsi perdre du poids n’est pas qu’une question d’esthétique, mais aussi un problème de santé publique.

Et si le surpoids était bénéfique ?

Selon une étude du Dr. Katherine Flegal parue dans le Journal of the Medical American Association (JAMA), le surpoids ne serait pas synonyme de mauvaise santé ou de risque de mortalité élevé. Les personnes en surpoids (25<IMC<30) ou présentant une obésité modérée (30<IMC<35) auraient un risque de mortalité diminué de 5-6% par rapport à celles qui ont un poids normal (18.5<IMC<25).

Ce qui est important, explique le Dr. Lecerf, chef du service Nutrition de l’Institut Pasteur de Lille, c’est « la composition corporelle en masse maigre (muscles) et le pourcentage de graisse et sa répartition». En réalité, « dire qu’être gros veut dire être malade est bien exagéré ».

Par ailleurs, «être mince ne signifie pas automatiquement que vous n’êtes pas gras. C’est tout le concept de matière grasse qui doit être redéfini » a déclaré le Dr. Jimmy Bell, professeur d’imagerie moléculaire à l’Imperial College de

Les personnes trop maigres et celles qui sont extrêmement obèses décèdent plus tôt que les gens de poids normal, mais ceux qui sont en surpoids vivent toutefois plus longtemps. Ce sont les conclusions d’une étude publiée dans le journal Obesity par plusieurs chercheurs. Le Dr David Feeny, co-auteur de l’étude, conclut qu’« il est surprenant que le fait d’avoir un petit peu de poids en trop donne un avantage dans l’espérance ». Alors ne culpabilisez pas trop après une petite gourmandise !Londres. Le Dr. Louis Teichholz, chef de cardiologie à l’Hôpital Hackensack dans le New Jersey, ajoute qu’être « maigre ne met pas à l’abri de diabète ou d’autres facteurs de risque de maladie cardiaque». Ainsi contrôler son poids par l’alimentation en n’exerçant pas n’est pas la meilleure solution pour éviter la graisse interne.

Quelles solutions ?

Chacun peut veiller à:

  • limiter l’apport énergétique provenant de  graisses totales et consommer davantage de fruits et légumes, de   légumineuses, de céréales complètes et de noix
  • limiter sa consommation de sucre
  • avoir une activité physique régulière et
  • équilibrer son apport énergétique pour conserver un poids normal

Mais si vous voulez être en bonne santé, il n’y a pas de substitut à l’exercice !

MAD.I

Photo : Marie Baldi ©