Commentaire, Société

Quand l’information s’arrête à mi-chemin

« À partir du 1ᵉʳ janvier 2026, toutes les voitures devront être équipées d’une lampe orange clignotante connectée à un GPS », annonçait récemment un site d’information automobile. L’Espagne souhaite en effet remplacer le triangle de signalisation par une lampe lumineuse qui envoie automatiquement la position du véhicule en panne à la Direction générale de la circulation (DGT).
Mais… « toutes les voitures », vraiment ?

En réalité, cette obligation ne concernera que les véhicules immatriculés en Espagne. Les voitures étrangères, elles, ne sont pas tenues d’en être équipées. Une nuance essentielle, souvent passée sous silence dans les articles repris ou traduits un peu vite.

Quelques mois plus tôt, d’autres titres affirmaient :
« L’Europe interdira toutes les voitures à essence et diesel dès 2035. »
Là encore, l’information était vraie… à moitié.
L’Union européenne prévoit bien de cesser la vente de voitures neuves à moteurs thermiques à cette date, mais les véhicules déjà en circulation pourront continuer à rouler. Omettre ce détail change tout : on passe d’une mesure de régulation progressive à une impression d’interdiction totale.

Et puis il y a cette info qui a circulé récemment : « L’Italie interdit aux conducteurs de plus de 68 ans de conduire ». De quoi faire bondir tous les seniors européens. Sauf que là encore, la vérité se cache dans la nuance : la mesure concerne les conducteurs de poids lourds professionnels, pas monsieur Rossi qui va chercher son petit-fils à l’école. De plus l’article est agrémenté d’une pjhoto d’une vieille dame au volant de sa voiture. En tronquant ce contexte, la rumeur transforme une règle de sécurité routière spécifique en atteinte aux libertés individuelles.

Ces « vérités partielles » voyagent vite, parce qu’elles jouent sur nos émotions, l’indignation, la peur, le sentiment d’injustice. Mais à l’ère du clic rapide, le réflexe de vérification, lui, circule beaucoup moins.

Ces deux exemples illustrent un phénomène de plus en plus courant : des informations exactes mais incomplètes, reprises en cascade, souvent sans vérification ni contextualisation. La rapidité de publication l’emporte parfois sur la rigueur. Et au fil des partages, les nuances se perdent, les titres se simplifient, et le lecteur se retrouve avec des vérités à moitié vraies.

Bien sûr, nul n’est à l’abri d’une omission. Mais à l’heure où la confiance envers les médias s’effrite, une phrase de plus — ou un mot de moins, peut faire toute la différence. Entre informer et déformer, il ne manque parfois qu’un complément de phrase.
P.dN.

Commerce, Economie

Le commerce en ligne en Suisse

Le commerce en ligne séduit les Suisses par sa rapidité et sa praticité, mais à quel prix ? Les achats en ligne transfrontaliers ont un coût pour l’environnement.

Selon La Poste, il faut d’abord se placer du point de vue des clients suisses.
Des salaires élevés vont presque toujours de pair avec un niveau de prix élevé. C’est également le cas en Suisse, où tout, ou presque coûte plus cher qu’à l’étranger, notamment les biens produits localement avec des coûts salariaux importants, ou ceux soumis à des droits d’importation élevés.
La distribution des marchandises entraîne elle aussi des coûts substantiels, en raison du niveau des salaires. Les statistiques montrent clairement à quel point certaines catégories de produits sont plus chères en Suisse.

Aujourd’hui, tout ou presque est accessible sur Internet : acheter des billets de spectacle, faire du shopping, réserver un voyage ou même faire ses courses. Le e-commerce, en plein essor dans le pays, ouvre de nouvelles perspectives aux entreprises. Avec la démocratisation d’Internet, les marques sont désormais invitées à étendre leur activité en ligne afin de mieux répondre aux besoins et attentes des consommateurs.

Les consommateurs romands gagnent en confiance

Pendant longtemps, la Suisse romande observait le développement du commerce en ligne depuis la France, l’Allemagne ou les États-Unis mais, ces dernières années, les habitudes ont changé. Les clients romands achètent désormais en ligne avec davantage de confiance et les marques locales ont compris l’urgence c’est-à-dire, sans présence digitale solide, elles perdent du terrain face aux géants étrangers.
L’utilisateur romand, lui, achète avec discernement. Il compare peu mais attend une information claire, des délais fiables et une réponse rapide en cas de question. Le prix n’est pas le seul critère : la qualité perçue, la proximité et le service après-vente pèsent lourd. Cette exigence s’explique par la structure du marché suisse : des paniers moyens plus élevés, une attention accrue à la durabilité et un coût de la vie qui rend chaque achat plus réfléchi.
Pour performer, il faut rassurer vite : photos nettes, descriptions honnêtes, disponibilités transparentes, paiements simples et retours sans complication.

Un confort qui a un coût écologique  

Le commerce en ligne est un système extrêmement pratique : il permet, depuis son canapé, de commander toutes sortes de biens, y compris des repas.
Mais cette commodité a un revers : emballages à usage unique, transports multiples, retours faciles… Autant de pratiques qui alourdissent l’empreinte carbone du e-commerce.
En somme, le clic rapide a un coût bien réel pour la planète.
Peut-on encore parler d’achat responsable à l’ère du commerce en ligne ?
N.G.