Reportage

Pulp, la star du sapin de Noël à Bienne

Allié de nos rêves, Pulp est-il palpable ? 
Avis à la «pulpolation»! Pulp débarque et nous embarque dans son univers truffé d’amis, à l’humour irrésistible et à l’humeur couleur de lune. Pulp est-il d’ici ou d’ailleurs?


Alexandre Lanz
Le Petit Prince ne cesse d’expliquer à qui le lit que les questions comme «Quel âge as-tu?», «Quel métier fais-tu?» sont l’apanage des préoccupations ennuyeuses des adultes. Il pourrait peut-être ajouter que cette «petite voix» dont parlent parfois les grandes personnes se nomme Pulp… Pulp n’a pas trouvé nécessaire qu’on lui attribue un prénom dès sa naissance, il a préféré s’adonner dans un premier temps à sa distraction favorite: la découverte des multiples univers qu’il visite de manière ludique et les questions qu’il se pose sont celles que nous avons souvent tous dans nos songes. Pulp n’est ni une fille ni un garçon, c’est l’allié de nos rêves, il emmène qui le veut avec lui, en terrain connu ou en terre inconnue.
Les adultes demanderont: «Mais, Pulp a-t-il des parents au moins?» Pulp répondra alors: «Bah, si vous me le demandez… Oui, j’ai des parents, mon papa est M. S. Bastian et ma maman est Isabelle L., il m’arrive de leur rendre visite chez eux à Bienne, ou ailleurs…» Pulp est tellement imprévisible qu’on ne peut l’attraper. A nous de nous laisser surprendre, et hop! Le voilà dans nos rêves ou sur un arbre de Noël, sur la place Centrale de Bienne durant le mois de décembre… Pulp n’a pas de limites, il explore, il rigole, il découvre l’art des grands peintres et les musiques douces qui flattent nos oreilles. Les grandes personnes diront alors: «Mais il doit bien exister un endroit où l’attraper ce Pulp!» et il leur répondra, survolant leurs têtes dans les étoiles: «Hé non! Il n’y a pas de catégorie dans laquelle on puisse m’enfermer, je suis trop curieux d’en voir encore plus, dans tous les domaines!» Vous l’aurez bien compris, Pulp a un horizon bien trop large pour en être réduit à une étiquette. Il ne juge pas les gens, il les observe et fait irruption dans leur vie quand il les sent prêts, qu’ils aient 7 ou 77 ans! Et si vous le désirez, vous pourrez même parler le «pulp» avec lui, les mots de son vocabulaire sont ceux que vous choisirez, il vous comprendra, soyez-en sûrs! Pulp nous a dit l’autre jour qu’il avait décidé de faire une halte pour quelque temps, pas loin de chez nous… Prenons rapidement note avant qu’il ne change d’avis! Il fera une visite à M. S. Bastian, à l’occasion de la rétrospective (intitulée «Von Zaffaraya bis Bastropolis») que le Kunstmuseum de Granges consacre à l’artiste biennois à partir du 9 janvier prochain. Pulp se trouvera également à «Bastropolis», une exposition des œuvres récentes de M. S. Bastian qui se déroulera à la Galerie am Marktplatz de Büren dès le 23 janvier. Le finissage des deux expositions aura lieu simultanément le 19 février. Finalement, Pulp et ses amis auront été présents à Bienne sur le sapin de Noël de la place Centrale. Soyons pulpastiques!
A. L.

 

Enquête

Les fêtes de fin d’année vues par les communautés étrangères

Les Suisses se préparent comme chaque année à vivre des moments joyeux. Quelques-uns demandent des cadeaux au petit Jésus, d’autres requièrent les services de «Santa Claus». Qu’en est-il pour ceux d’une autre confession?

Sandro dos Santos

Dimanche, le vingt-huit novembre, on a pu voir les bougies de l’avent illuminer les fenêtres. Dans tous les magasins, les offres se multiplient et les décorations plongent les clients dans un univers de couleurs et de lumières. À la télévision, le matraquage publicitaire pour les fêtes a commencé bien avant les quatre dernières semaines de l’année liturgique. Les enfants composent leur liste de cadeaux et leur impatience grimpe de jour en jour. Mais l’attente n’est pas longue, car Saint-Nicolas leur apporte une première série de cadeaux le six décembre. Indépendamment de leur nationalité ou de leur confession, les bambins ont assimilé cette fête dès leur plus jeune âge à l’école. Tous les petits reçoivent des friandises de la part de Saint-Nicolas.
Ensuite, les préparatifs pour la plus grande fête de l’année, Noël, battent leur plein. La version commerciale avec «Santa Claus» se globalise, ignorant souvent le sens religieux. Mais ceci n’est pas vrai pour tout le monde.
Joaquim Pires, originaire du Portugal et domicilié à St-Imier nous raconte ses préparatifs: «Comme chaque année, j’ai commandé des -bolos dos reis- (la variante portugaise de la galette des rois) chez un ami qui va passer les vacances dans mon pays natal.» Dans son studio, on peut apercevoir une petite crèche et un sapin de Noël avec des figurines d’anges et des boules colorées. Quand il était jeune, peu de gens décoraient les sapins dans son pays. Cette année, il passera les fêtes avec ses compatriotes en mangeant du cochon de lait à la portugaise. Le jour de Noël, il pourra aller à une messe tenue dans sa langue maternelle. Des cérémonies religieuses en différentes langues sont prévues un peu partout en Suisse. Mais, ce ne sera que pour l’Épiphanie que Joaquim pourra savourer son gâteau des rois. Il boira aussi une liqueur aux oranges spécialement conçue pour cette occasion.

Adaptation au modèle suisse
Pour les enfants d’immigrés nés en Suisse ou pour les immigrés de longue date, la situation est différente. Depuis tout jeune, ils connaissent la version suisse des fêtes de fin d’année.
Federico Santa Cruz est arrivé de Bolivie il y a six ans. Il est marié avec Anne, une jeune Suissesse. Cette année, il va fêter Noël avec sa belle-famille. Une dinde et une bûche couronneront la table. «Par rapport à la Bolivie, je suis choqué par la tournure commerciale de ces fêtes. J’étouffe carrément avec toutes ces promotions de Noël!», se plaint Federico. Pour lui, ces célébrations n’ont plus rien de religieux. «Elles sont devenues des habitudes de consommation», ajoute-t-il. Dans son pays, ils demandent des cadeaux au petit Jésus, ici on écrit des lettres au Père Noël. Beaucoup de gens issus de l’Amérique du Sud continuent à accorder une importance primordiale à la commémoration de la  naissance du Christ.
Quant à la Saint-Sylvestre, Federico se retrouve avec ses amis suisses et étrangers pour boire du champagne, comme le veut la tradition.
Mais qu’en est-il pour les communautés juives et musulmanes ?
En décembre, les pratiquants juifs célèbrent la «Hanoukka», la fête des lumières. Pendant huit jours, ils allument une bougie sur un candélabre et ils récitent des prières. Le jour le plus saint pour eux, c’est le «Yom Kippour», le jour du Grand Pardon. Pour cette occasion, ils prient et ils pensent aux pauvres en offrant des dons.

Une mosaïque de traditions
Leur Nouvel An s’appelle «Rosh Hashana». Selon le calendrier juif, c’est l’anniversaire de la création du monde. Ce n’est pas un jour de réjouissances, mais un jour de prières. Que ce soient des festivités juives ou musulmanes, on les célèbre en se recueillant dans sa communauté et en se rapprochant de Dieu. Tous ces événements se déroulent à des dates différentes de celles du calendrier chrétien.
Les musulmans ont deux fêtes qui ressemblent à Noël : «Aïd-el-Fitr» ou «Aïd-el-Séghir», la fin du Ramadan. Vêtus de nouveaux vêtements, la communauté islamique se réunit pour la prière tôt le matin à la mosquée. Ensuite, elle partage un bon repas en famille et des cadeaux sont échangés. Le vingt-et-un janvier prochain, la population de l’islam célébrera sa plus grande fête, la «Aïd-el-Adha» ou «Aïd-el-Kébir». Elle commémore le sacrifice d’Abraham prêt à immoler son fils en témoignage de sa foi.

Yamna, jeune étudiante algérienne, a du mal à comprendre la manière de fêter des jeunes européens. Pour elle, les fêtes religieuses sont synonymes de méditation et d’union avec Dieu. Ce qu’elle constate ici, c’est qu’une grande partie des gens se laissent aller à des comportements excessifs, comme par exemple le surplus d’alcool à la Saint Sylvestre.
La majorité des musulmans ont beaucoup de considération envers le Christianisme et la naissance de Jésus. À Noël, Yamna ira à l’encontre de ses amis chrétiens en leur  envoyant des cartes de vœux et en échangeant des idées sur les coutumes de chaque religion.
En Suisse, il est impossible d’ignorer les traditions du pays. Bien que certains n’y participent pas, leur entourage est directement concerné par ces événements. Ce sont des moments de rencontres, de partage et de paix, où le respect de l’autre est essentiel.

SdS