Voyage

La découverte du dragon vietnamien

Jo, Catherine, et Sophie, tous étudiants en graphisme à Lausanne, ont passé un mois au Vietnam l’été dernier. Ce vaste pays s’étend du delta du Mékong à la baie d’Along, de la mer de Chine  aux montagnes du Haut Tonkin. Découverte du  dragon vietnamien qui renaît de ses cendres après un passé historique tumultueux, découvrant sa vraie nature, authentique, merveilleuse, et émouvante dans son dénuement.

Tout d’abord, pour des raisons économiques et de visa, ils ont atterri à Bangkok. Effectivement cela coûte moins cher d’aller à Bangkok et de partir en bus pour le Vietnam.
Bangkok, humide, polluée, surpeuplée, arnaques, touristes, bref pareille à elle-même, il fallait partir tout de suite. C’est donc à Kao San Road, « camp de base » des routards, qu’ils ont pris un billet de bus et acheté un visa pour le Vietnam. Départ en direction de la « Perle de l’Orient ». Après environ 13 heures de trajet, un premier arrêt à Angkor au Cambodge (autre avantage de faire le voyage par la Thaïlande).
« C’est un site complètement hallucinant qu’il faut absolument voir » nous affirme Jo. Ils offrent des pass pour 1, 3 ou 4 jours. Nos trois aventuriers ont opté pour la solution 3 jours à 40 USD. « C’est un peu cher, mais ça vaut vraiment la peine ». Le bon truc, c’est de louer des vélos, de se balader à son rythme et de découvrir les trésors des civilisations passées. C’est aussi une bonne solution pour sortir un peu des sentiers battus envahis de touristes. Pas un coin d’ombre dans ce parc historique monstrueux, alors attention au soleil !
Reprise d’un bus et cette fois pas d’arrêt avant Hochi Min City (ancienne Saigon), mis à part à la douane où il vaut mieux avoir son visa et surveiller ses bagages!
Une ville très large au niveau des rues, un trafic ahurissant (environ 9 millions de motos), malgré cela on peut traverser les yeux fermés tant qu’on le fait en diagonale… Les gens sont très accueillants, ils viennent très facilement vous faire la conversation, notamment les plus vieux qui parlent encore le français (le Vietnam était colonisé par les Français jusqu’en 1945). Une ville très sympa et très culturelle, il y a de multiples temples à visiter.
Sophie ayant déjà visité la région avec « Nouvelle Planète », leur a fait profiter de ses relations. Ils ont pris contact avec un jeune homme qui les a emmené dans deux petits villages authentiques où aucun touriste ne pointe son nez. « C’est le genre de village où l’on découvre vraiment la vie vietnamienne tant au niveau des gens que de la nourriture ». Ces deux villages se trouvent dans le Delta du Mékong, région très agréable, mais qu’il vaut mieux l’arpenter avec quelqu’un qui connaît, à moins d’être  un grand aventurier dans l’âme.
Retour à Hochi Min City pour prendre un « open bus ticket ». C’est une sorte de package qui permet de sillonner le pays à son rythme, en allant dans les villes que l’on veut, sans se soucier à chaque fois de prendre un ticket de bus. Lors de ces itinéraires à la carte, on peut faire 10 arrêts au maximum et il faut simplement avertir la compagnie de bus 24h à l’avance de son départ. (Attention pour Hue et Hoian il y a beaucoup de monde, il vaut donc mieux prendre les devant !) Non seulement c’est pratique mais en plus c’est la solution la moins chère (environ 19 USD) pour remonter le pays depuis le delta du Mékong à la baie d’Along.
Bus donc pour aller à Nha Trang. Aucun intérêt, si ce n’est la plage s’il fait beau. La ville en soi ne vaut vraiment pas le détour, à tel point que nos trois routards n’y ont même pas passé une journée. Ils ont attendu le prochain bus qui les emmènerait à Hoian.
« C’est l’endroit où il faut aller à tout prix ! C’est la plus belle ville du Vietnam.» Cette ville, épargnée par la guerre, est formée de maisons relativement basses et très colorées. Jo a eu un sentiment de tranquillité provençale à la sauce asiatique ! Des petits bars qui donnent sur un port avec de vieux bateaux. Des petites allées où il fait bon de prendre son temps tout simplement. C’est une ville qui respire ! C’est aussi La ville des tailleurs, on y trouve même un marché de tailleurs. Possibilité de se faire faire sur-mesure un des multiples costumes qu’ils proposent, Et cela pour rien du tout et en 24h !
Grands adeptes du vélo (la solution la plus agréable pour sillonner les villes), Catherine, Sophie et Jo sont partis un petit peu au nord pour profiter d’une plage qui leur a été vivement conseillée. « Surtout ne pas se laisser impressionner par les restos touristiques qui ne valent vraiment pas la peine ! » Il faut y aller le soir, car à la tombée de la nuit des centaines de Vietnamiens y viennent, soit avec leur cuisine ambulante, soit simplement pour profiter de la bonne cuisine des autres. Il faut donc y aller pour manger quelque chose et surtout ne pas repartir sans s’être baigné. Rentrer dans une eau noire ça fait peur mais ça vaut vraiment le coup ! Pourquoi ? C’est au plus aventurier d’entre vous de le découvrir, je ne vais pas vous gâcher la surprise…
Difficile de quitter cette ville, mais le temps passe et il y a encore plein de belles choses à découvrir, notamment Hue.
Le court trajet en bus pour y arriver est grandiose. Le véhicule s’engouffre dans une forêt à végétation luxuriante et sèche. Les plantes de « base » semblent se faire engloutir par une sorte de tapis glouton et vivant qui, à l’image d’une bête, déguste sa proie lentement mais sûrement. Des falaises bordent la route ainsi que des rizières flamboyantes au coucher du soleil.
Hue est une ville où la vie est un petit peu plus chère, surtout les hôtels. Il a plus de monde aussi, est-ce à cause de la cité impériale ? Prendre une demi-journée pour visiter cette cité vaut vraiment la peine. Ses temples rouges, jaunes, bleus aux boiseries époustouflantes et  cette odeur d’encens qui vous enivre, c’est magique… À nouveau c’est une ville qu’il fait bon visiter à vélo. Ses petites ruelles pleines de charme, sa librairie (très connue), ses cafés mondains et ses marchés colorés en font une escale obligatoire avant de filler vers la capitale.
Hanoi, mégapole bouillonnante où il y a toujours quelque chose d’intéressant à voir ou à faire. Si vous arrivez de Bangkok, une impression de déjà-vu vous envahira, mais c’est une ville plus accueillante et sympathique que cette dernière.Le centre ville se forme de petites ruelles qu’il fait bon arpenter à pied, s’aventurer plus loin ne vaut pas vraiment le coup, c’est vraiment pas terrible. Allez admirer les laques, les soies et les batiks du splendide musée d’art asiatique. C’est surprenant et culturellement parlant très intéressant.
S’il vous reste un jour, peut être que la Baie d’Along et ses rochers à la James Bond vous plairont. C’est une excursion qui vaut la peine pour les paysages et pour les vieux bateaux aux poupes en forme de têtes de dragon, mais il faut faire le poing dans la poche au niveau du tourisme de masse !  Si vous avez plus de temps, peut être qu’un trek de deux jours serra plus à même de répondre à vos attentes. Les bateaux vous emmèneront vers des îlots plus éloignés. Pour ce genre de journée, il faut prévoir un peu plus d’argent. Les Vietnamiens ne sont pas fous, vu l’affluence de touristes les prix grimpent !
Le voyage s’est terminé par un retour sur Bangkok par les airs (pour environ 100 FRS) et par une visite des principaux sites de la capitale et de ses environs.

Ces trois étudiants ont découvert un pays fabuleux, né de l’eau et du riz, forgé dans la lutte et les combats, encore gouverné par de très vieilles valeurs  issues du confucianisme et du bouddhisme, mais aussi un peuple courageux  et  intelligent, capable de passer sans mal du char à bœufs à la voiture climatisée, de l’aò dài à la minijupe, de la pirogue à l’airbus.
Mélanie Francioli

Portrait

Journaliste par passion de l’actualité

Journaliste un peu par hasard, un peu par hérédité, Alain Hertig, 44 ans, originaire de Fribourg, travaille aujourd’hui à la TSR, où il produit l’émission «Mise au point». Itinéraire d’un mordu de l’actualité.


Débuts
Son grand-père était rédacteur en chef de la Liberté, à Fribourg. Dans sa famille, le journalisme, on connaît, c’est même un métier presque héréditaire. Pour Alain Hertig, ça allait un peu de soi. Mais le hasard fait quand même bien les choses. Après des études de philosophie à l’université de Fribourg, il se met à la recherche d’un petit boulot, et tombe providentiellement sur une annonce de l’ATS qui cherche des étudiants pour la rédaction d’un petit bulletin. Il y restera cinq ans, de 1985 à 1990, d’abord comme stagiaire pendant deux ans, puis comme journaliste confirmé à la rubrique suisse pendant trois ans. «L’ATS est une bonne école de rigueur et d’humilité, j’y ai beaucoup appris», se souvient-il.

A Berne
Pour lui, le journalisme, au départ, c’était plutôt la presse écrite. Il n’avait jamais pensé à faire de la radio. Mais pendant ses années au Centre Romand de formation des journalistes, un stage le conduit jusqu’au micro de la radio. Ce média lui plaît. En 1990, il est correspondant à Berne pour la RSR. «La radio demande plus de regard critique, d’analyse et de commentaire. Ca demande aussi une mise en perspective des événements. Et puis, il y a les directs…» C’est tout naturellement que, tout en restant à Berne, il passe de la radio à la télévision en 1994. Il occupe donc le poste de correspondant de la TSR à Berne jusqu’en 1998.

« Mise au Point »
Entre 1998 et 2001, il occupe un poste «mixte» de journaliste entre les émissions «Temps présent» et «Mise au point», et présente «Droit de Cité». Puis, à partir de 2002, il se consacre à «Mise au Point» en en devenant le producteur et le présentateur, en alternance avec quatre autres journalistes. Ce magazine hebdomadaire développe l’actualité et y apporte un point de vue critique. C’est ce qui plaît à Alain Hertig. En entrant à l’ATS, il était déjà «accro à l’actu», comme il le confie lui-même. « Mise au point » lui permet de servir sa passion pour l’actualité, mais de façon différente qu’à l’ATS, ou même que dans ses postes de correspondant à Berne. «Il faut parler de l’info en trouvant quelque chose à dire que les gens ne sachent pas déjà et qui n’aurait pas encore été dit ailleurs.»

La suite
Aujourd’hui, Alain Hertig suit sa route à la TSR. Il ne sait pas trop ce que lui réserve l’avenir. Il pourrait éventuellement envisager de changer de domaine, et de passer à la presse écrite. Mais, avoue-t-il, « la presse écrite me fait un peu peur, peut-être parce que j’ai passé trop d’années à la radio et à la télévision, et peut-être parce que l’écriture est trop différente». Et puis, à la télé, il est satisfait de son sort. Il travaille au sein d’une «bonne équipe», pour une «bonne émission». C’est même bien plus que ça. Ce qui lui plaît, à la télé, ce sont les images. «On a un peu l’impression, sans prétention, de faire son cinéma. La télé donne la possibilité de faire passer des émotions que le texte ne permet pas. C’est vraiment très riche», confie-t-il. Quant à quitter le journalisme, Alain Hertig admet que ce pourrait être envisageable, dans plusieurs années, mais il en sait pas vraiment ce qu’il pourrait faire à la place. Certes, il y a des postes de chargés de communication, mais ça ne l’intéresse pas vraiment. «Il faut faire quelque chose en quoi on croit».
Pour l’instant, en tous cas, Alain Hertig croit en ce qu’il fait. Et peut-être, dans un avenir pas trop lointain, pourrait-il mettre sur pied une émission originale de sa propre idée. «C’est peut-être ce qui me reste à faire à la télé». Une façon de boucler la boucle…
Anne Marie Trabichet