Eclairage

Vos grands-parents font-ils plus l’amour que vous ?

Les classes d’âge ont chacune une sexualité qui leur est propre. En ce qui concerne les 20 ans, c’est celle de la découverte. Pour les 30 ans, c’est la confirmation. Pour les 40 ans, c’est l’expérience. Pour les 50 ans, c’est la sagesse. Et pour les 60 ans et plus alors ? C’est le repos tant mérité après des années de labeur ? A y regarder de plus près, les stéréotypes liés à la sexualité nous touchent tous. Mais seule la population du troisième âge est taxée d’une (fausse ?) inactivité sexuelle. Qu’en est-il donc aujourd’hui pour nos grands-parents ? Nos aînés ont-ils définitivement renoncés aux plaisirs charnels ?

De nombreuses études ont été menées à ce sujet. L’une d’elle, dirigée par les Instituts nationaux américains de la santé (HIS)1, a démontré que la majorité des personnes âgées sont toujours actives sexuellement. Non seulement nos aînés pratiquent encore, mais ils sont également satisfaits de leur vie sexuelle et estiment que le sexe est important pour leur épanouissement mais également pour leur santé. Au vu de cette étude, nous pouvons facilement changer notre vision de la sexualité des seniors.

Cependant, la sexualité des personnes âgées subit quelques changements. Les hommes sont les principaux concernés. Ils doivent faire face à des problèmes d’érection notamment. En effet, beaucoup d’hommes à un âge avancé déclarent que leur érection est moins grande, qu’elle dure moins longtemps, ou encore qu’une nouvelle érection est moins envisageable après l’éjaculation. Les problèmes sont plus d’ordre du désir en ce qui concerne les femmes. Souvent après la ménopause, les femmes perdent de leur appétit sexuel. Ceci est notamment dû à un dérèglement des hormones.

Reste un fait inéluctable, celui que les personnes âgées entretenant leur sexualité sont principalement celles qui vivent en couple. Il est plus difficile de trouver un partenaire à un certain âge. Non pas à cause du physique des prétendants (les personnes âgées se disant très attirées par leur partenaire), mais dû plutôt à la force des choses. Combien d’hommes et de femmes âgés sont actuellement veufs ou veuves ?

Mais la principale cause qui empêche nos sexagénaire (et plus) de ne pas avoir d’activité sexuelle régulière, c’est bien entendu leur état de santé. En effet, à un certain âge, santé et sexualité sont forcément liées. Que faire lorsque la santé ne va plus de soi, mais que votre partenaire exprime un besoin sexuel ? Une personne âgée dépendante ou fragile physiquement verra sa sexualité fortement affectée. Cependant, incapacité physique ne signifie pas incapacité à ressentir du désir, le besoin de pratiquer une activité sexuelle régulière. C’est, il est vrai, une situation délicate pour nos aînés et pour leur entourage.

Après avoir éclairé la situation au sujet de la sexualité des seniors et démontré que les stéréotypes ont réellement la vie dure, ils ne nous reste plus qu’à souhaiter beaucoup de plaisir à nos aînés. Car, après tout, ils ont des années d’expériences. Et bien plus que nous.
M.K.

Interview

Les eaux du ciel en Suisse

Des pluies diluviennes sont tombées en Suisse romande ainsi qu’en Suisse alémanique. De nombreuse rivières sont sorties de leur lit et le lac de Bienne a dépassé le niveau record de l’année 2005.

Le jeudi 9 août de fortes pluies se sont abattues sur Bienne. Sur le terrain on observait des quantités extraordinaires de bois flottant près de l’embarcadère.
Du côté du corps des pompiers on se déclare satisfait de l’intervention.
Interview de M. Jurg Frank, Commandant des Sapeurs-pompiers et Protection civile de la ville de Bienne.
Propos recueillis par : Viviana von Allmen

M. Jurg Frank, à quel moment, avez-vous décrété la cote d’alerte ?
Nos effectifs (70%) ont été appelés à minuit et dès 01h tout le monde était à la caserne. Pendant la nuit nous avons pas eu de problèmes majeurs. Dès le matin nous avons reçu des appels concernant une dizaine de caves inondées.

Quelles étaient les problèmes les plus urgents et les quelles mesures de prévention avez-vous appliquées ?
En premier lieu ce qui nous a posé problème c’était l’ampleur que prenait la hausse des eaux de la Suze, donc ont a entassé des sacs de sable sur le pont du Marché-Neuf afin d’éviter qu’un possible débordement de la rivière ne s’étende au centre-ville. Par contre l’après-midi nous étions plus concernés par la hauteur des eaux du lac qui n’arrêtaient pas de monter. Actuellement, nous sommes fortement préoccupés car nous ne pouvons pas ouvrir les vannes de l’écluse de Port à plein régime, à cause de la gravité de la situation à Olten et Aarau. Nous sommes confrontés à devoir stocker les eaux dans le lac.

Avez-vous déjà vécu une situation si extrême ?
En 38 ans de travail auprès de l’institution, je me suis confronté toujours à des difficultés, mais ça va de pire en pire. Cette fois le lac a dépassé 43 centimètre la cote d’alerte, ceci est du jamais vu. L’expérience de l’année 2005 a servit à être mieux préparé, mais devant l’imprévisible force de la nature…

Pensez-vous que le risque est déjà passé ?
Malheureusement on ne peut pas le prévoir. L’été, chez nous, est très humide et la situation peut se répéter. Nous ne sommes pas à l’abri de nouveaux événements du genre. Le problème ne repose pas uniquement sur l’aspect climatologique, c’est surtout l’intervention de l’homme qui n’arrange pas la situation. La disproportion des nouvelles constructions au bord du lac est inquiétante. Evidement qu’à force de bétonner la terre, l’eau ne peut pas être absorbée.

En un mot, notre planète ne va pas si bien que cela. A croire que les intérêts économiques sont aveugles et ne vont pas arrêter la dégradation à outrance de la nature.
V.vA.