Arts plastiques

Toni Buri, ou l’art de faire face aux difficultés

Ce n’est pas tout les jours que l’on rencontre par hasard une personne surprenante, qui révèle avoir un talent à multiple facettes. Des tableaux aux styles impressionnistes, abstraits, des sculptures ou des travail d’architecture font le trésor de cet homme miraculeux. Présentation d’un architecte, devenu un artiste hors du commun.

Anton « Toni » Buri est né en 1956 à Burgdorf. En 1972, il a commencé des études d’architecture et puis travaillé dans nombreuses entreprises de construction. En 1994, après avoir suivi des cours de peinture chez des artistes tels que Ruth et Jürg Lerch à Rüttenen ou encore Hansrudi Zuber à Bettlacht, il commence à peindre des aquarelles de paysages.

En l’année 2000, il subit un grave accident en automobile, qui lui laisse des séquelles physiques importantes. Le peintre ne peut plus faire certains mouvements de tous les jours et sa vie change profondément. Mais cet homme refuse d’abandonner cette merveilleuse forme d’expression qu’est la peinture. Il adapte son style et en même temps (il) découvre la peinture à l’acrylique. Les techniques de cette dernière demandent moins de précision, et plus d’imagination.
A grande différence de la période où l’artiste peignait à l’aquarelle, l’acrylique l’inspire plus une penture abstraite. Les thèmes de ses tableaux deviennent des figures, avec une couleur principale, à laquelle il ajoute des traits de nuances différentes, il définit une idée centrale et ses possibles subjacents.
Au passage du temps, la sensibilité de ses mains revient et Anton Buri peut essayer aussi d’autres types de créations : des tableaux à la gouache et des sculptures, puis il recommence à peindre à l’aquarelle.

Depuis 2003 Buri a son atelier à Rheinfelden, où il travaille et expose ses oeuvres d’art ainsi que ses travaux d’architecture.
Au début de cette année l’artiste a participé à un concours qu’il a remporté avec 6 autres artistes.
Le thème du concours était « le drapeau ». L’œuvre de Tony, un dessin en acrylique qui représentait « la frontière » : frontière entre la Suisse et l’Allemagne, entre l’eau et le ciel et encore les frontières caractéristiques de la ville bâloise.
Les œuvres qui ont remporté le concours ont été imprimées sur des draps nylon et exposées à Rheinfelden, celle d’Anton a été exposée au dessus d’un pont.

En connaissant mieux cet artiste, on remarque son caractère battant et sa volonté d’aller de l’avant. Il cherche à représenter ses pensées et ses émotions avec ses mains, que ce soit en les peignant ou en les figeant dans du plâtre.
Cet  homme si intéressant, qui a encore beaucoup à donner dans le monde de l’art, marie la plasticité à la spiritualité dans ses œuvres. Ne serait pas surprenant qu’il se lance dans de nouveaux types d’art.
On attend avec impatience ses prochaines créations et, dans l’entre-temps, visitez son site Internet,  www.antonburi.ch, pour pouvoir découvrir les œuvres singulières de cet artiste particulier.
L.G.

Reportage

La campagne de l’UDC, ou comment créer la controverse

Ces dernières semaines, le parti UDC a usé de la provocation pour mener sa campagne en vue des élections fédérales, soulevant ainsi de nombreuses contestations.

Ces dernières semaines, la campagne de l’UDC en vue des élections fédérales a largement occupé le devant de la scène médiatique par son aspect provocateur. En effet, les différentes actions du parti ont été autant de sujets à traiter pour les médias, à commencer par la fameuse affiche au mouton noir, dont il est presque inutile de rappeler ici les réactions qu’elle a suscitées, notamment en Suisse romande. Se souciant peu de la controverse qu’il a soulevée, le parti publie de nouvelles affiches où figure en grand format Christophe Blocher. L’utilisation de l’image d’un conseiller fédéral n’est pas une nouveauté en soi, cependant elle est généralement accompagnée d’un projet défendu par le parti dont l’emblème serait le conseiller représenté. Il ne semble pas que ce soit le cas sur l’affiche de l’UDC où apparaissent ces quelques mots au sens peu évocateur: « Ma maison, notre Suisse », qui suscitent plus d’interrogations que de réponses.

Le parti s’entache d’un nouvel éclat lorsque l’un de ses sites Internet fait l’objet d’une plainte. Celui-ci compare de manière grotesque un paradis constitué d’une radieuse campagne suisse à l’enfer, illustré par la banlieue biennoise où l’on voit se produire des scènes de violence parmi de jeunes « breakers ». La plainte émane de ces  mêmes jeunes, dont l’image a été utilisée sans leur accord. Quand on leur demande la permission de les filmer, on leur annonce que la vidéo sera utilisée comme prévention contre la violence chez les jeunes, qu’elle sera diffusée dans les écoles et que leur visage ne sera pas exposé. Autant de conditions qui ne seront pas respectées. Le vice-président du parti UDC, Yvan Perrin, se défend en répliquant ne pas avoir imaginé une minute que les personnes mandatées pour produire cette vidéo n’aient pas exposé les véritables visées de cet enregistrement. Piètre justification qui ne saurait duper personne.

Plus récemment encore, l’annonce d’une émission hebdomadaire consacrée au conseiller fédéral Christophe Blocher a suscité de nouvelles réactions. Si ceci s’avère être un nouveau coup de pub financé par le parti, celui-ci tombe dans l’illégalité. Cependant, si l’émission est financée par des donateurs privés, comme le prétend la chaîne télévisée concernée, l’UDC reste dans ses droits. La question reste en suspens le temps de mener des investigations.

Il n’est pas coutume, lors d’une campagne en vue d’élections fédérales, de mettre la figure d’un conseiller fédéral sur le devant de la scène. C’est pourtant la stratégie choisie par l’UDC qui use de tous les moyens de communication pour exposer Christophe Blocher: journaux, télévision, radio, Internet, affiches. Serait-ce un moyen de combler le vide de suggestions politiques du parti pour l’avenir ? En effet, force est de constater que le parti repose essentiellement sa campagne sur l’image du conseiller fédéral et sur la provocation, sans pour autant élaborer de véritables projets politiques. Par conséquent, le débat se concentre actuellement bien plus autour de la stratégie provocatrice, et coûteuse, de l’UDC plutôt que politique, ce qui est particulièrement préoccupant au vu des élections qui approchent.

Il est également regrettable que la riposte des autres partis face à cette manière peu conventionnelle et professionnelle d’agir ne soit pas plus virulente. Il faut toutefois relever un front uni mentionné récemment dans la presse de sept politiciens noirs présentant leur programme et désireux de répliquer à la campagne « haineuse » de l’UDC, au nom de la tolérance. Cependant, ceux-ci restent minoritaires et le visage de M. Blocher continue d’apparaître chaque matin dans mon journal pour me parler d’une Suisse meilleure…
S. B.