Théâtre

Théâtre de Vidy à Lausanne

“Kelomès“ le nouveau spectacle de Pascal Auberson

« Ne vous sentez-vous pas nomade, par nature profonde ? Ne vous sentez-vous pas sédentaire, par obligation ? ».   “Kelomès“, le spectacle de Pascal Auberson débute par cette forte interpellation. D’une énergie et d’un lyrisme prodigieux, l’artiste nous emmène au bout du monde.
Du slam à l’électro, l ‘« ange rebelle », pour reprendre le titre de l‘un de ses albums, a présenté un spectacle d’un genre tout à fait nouveau au Théâtre de Vidy à Lausanne.

Entre mélodies rondes et sommets acérés du rythme, Pascal Auberson nous emmène dans les superbes paysages de son nomadisme artistique. Un spectacle envoûtant, où le parlé-chanté se mêle aux sonorités contemporaines, des textes hypnotiques  et pénétrants reliés à une musique composée par des samples live électro-urbains.
En douze chansons, il porte un regard à la fois tendre et sans concession sur ce monde qui perd ici ses repères, qui nous ramène aux sources de la nature, de l’amitié ou de l’amour.

Parallèlement à  ce spectacle, un disque éponyme sort en Suisse. L’album, réalisé avec la complicité des musiciens Pierre Audétat et Christophe Calpini, mêle poésie et rythmes contemporains.

A 55 ans, Auberson  continue à se remettre en question, à surgir là où on ne l’attend pas. Mais comment le définir à travers Kelomès ? En jongleur des genres, en explorateur, improvisateur, il vire-volte, rebondit, sa vie est parole, sa vie est musique. Musique qu’il aime mêler au théâtre, à la danse et à la peinture. Résultat : des spectacles parfois proches de la performance. A noter, l’influence flagrante du percussionniste dans la manière d’agencer les mots et de les faire résonner. Un continuum extraordinaire qui nous offre, en l’espace de deux heures, un grand voyage.
Zoé D.

Cinéma

15ème édition de la Fête du cinéma1

La 15ème édition de la Fête du cinéma s’est déroulée durant le week-end du 19 au 21 octobre à Neuchâtel et à La Chaux-de-Fonds. Durant trois jours, plus de 12 000 spectateurs se sont laissés séduire par la quarantaine de films établis au programme, dont la moitié était constituée d’avant-premières.

La Fête du cinéma se veut un événement accessible à une large audience, notamment par son programme diversifié qui vise à satisfaire différents types de public, de même que par ses prix attrayants, puisque tous les films sont fixés au prix de 10 francs. En effet, de nombreux genres cinématographiques étaient représentés. On trouvait à l’affiche des films d’actions, de science-fiction, d’horreur mais aussi des comédies, des documentaires et des films pour enfants. De plus, cette fête s’adresse autant aux cinéphiles confirmés qu’à ceux qui ne fréquentent que rarement les salles de cinéma, rendant l’évènement à la fois populaire et culturel.

Cette année encore, les classiques tel que le « film surprise » (qui s’est révélé être la comédie de Marco Esposito « Cœur des hommes 2 ») projeté le samedi soir, le café et les croissants offerts à l’aube du dimanche matin pour les courageux qui seraient restés la nuit durant ainsi que les habituels concours étaient au rendez-vous. A cela se sont ajoutées quelques nouveautés. D’une part, un débat était organisé le vendredi soir sur l’état de l’offre cinématographique dans le canton de Neuchâtel et ses alentours. Celui-ci avait pour but de lancer une étude sur le même sujet, dénommée « Cinéma paradisio ? », récemment mise sur pied.

D’autre part, deux invités d’honneur étaient présents samedi afin de présenter leur film au public. Il s’agit tout d’abord du réalisateur suisse d’origine italienne, Richard Dindo, qui présentait son nouveau documentaire sur l’auteur Franz Kafka, intitulé « Wer war Kafka ?» Un peu plus tard dans la journée, le réalisateur Erich Langjahr, lui aussi d’origine suisse, est venu introduire la dernière partie de sa trilogie consacrée au monde paysan, « Alpine saga ».

La Fête des enfants a connu un joli succès. Une entrée gratuite à été délivrée aux nombreux enfants venus déguisés en personnage de cinéma pour les deux films qui leur étaient particulièrement adressés (« Crin blanc » et « Le ballon rouge »). La nuit de samedi à dimanche était, quant à elle, intitulée « La Nuit de tous les frissons » et présentait trois films d’épouvante et d’action à Neuchâtel et deux à La Chaux-de- Fonds. Parmi ceux-ci, on trouvait « Chrysalis », un film de science-fiction mettant en scène une machine capable d’altérer les souvenirs, le très connu « Jackie Chan », le film d’horreur « Halloween » et le film d’action « Rush hour 3 », tous deux étant actuellement sur les écrans.

Il faut encore noter que cette année, la Fête du cinéma a eu lieu un mois plus tard qu’à son habitude. Une offre cinématographique plus riche en automne ainsi qu’une météo plus favorable au cinéma à cette époque explicitent le choix établi par les organisateurs. Au final, cette 15ème édition aura été une édition riche en évènements et la Fête du cinéma reste toujours un moment attendu avec impatience et dont on ne se lasse pas au fil des années.
S.B.
1Sources : édition de L’express du 22.10.2007