Analyse

La Tecktonik : hideuse originalité ou banalité ringarde ?

«AAAh mais c’est affreux ! On dirait les années 80’ ! » C’est par cette phrase hautement intellectuelle que ma mère a trouvé les mots définissant la Tecktonik ! Mais qu’est ce que la Tecktonik ? à défaut de l’étude des plaques terrestres.

Tout d’abord, il faut savoir que le mouvement Tecktonik, danse épileptique (on appelle aussi la Tecktonik : Milky-way) et style moulant-mulet compris, est parti d’un seul endroit : Le Métropolis. C’est dans cette boîte Parisienne distillant le meilleur en électro expérimental de je-te-mets-4-mesures-en-boucles-pendant-4-minutes-en-veux-tu-en –voilà que s’est développée, en 2000, une danse mêlant toutes sortes de mouvements, empruntant au hip-hop jusqu’au voguing, fait de prendre une pose à la manière d’un magazine de mode. Le résultat détonnant peut nous faire tout d’abord penser à une pieuvre qui se dandine en se recoiffant toutes les 30 secondes. Ajoutez à cela, un jeans slim, des grosses Nike air ou Van’s carolées, un t-shirt moulant (rose de préférence) avec gros imprimé Tecktonik et la coupe fashionista pique + mulet et vous obtenez un Teckto-boy.

Parti de Paris et envahissant l’Europe dès l’été 2007, le phénomène tecktonik a vite été relayé par des adeptes ou à l’aide de vidéoclip, Le plus célèbre étant la reprise d’ « À cause des garçons » de Yelle remixé à la sauce TCK (abréviation de Tecktonik). C’est alors que vous comprenez enfin pourquoi tant de monde chantait des syllabes onomatopéiques parlant de « Marie, de Claire et de bazar ».
Alors que le rock est devenu l’apanage des fils petit-bourgeois du XVIe arrondissement et le hip-hop, le langage des cités défavorisées, la tecktonik symbolise maintenant la classe moyenne. En plus de rassembler un certain nombre d’adeptes dans ses soirées spéciales (Tecktonik Killer), La Tecktonik se développe aussi dans la rue où des battles sauvages (combats de danse) sont organisés. La tecktonik recrute aussi chez les plus jeunes. Il n’est pas rare de voir un petit frère enchaîner les pas de danses désordonnés rendus célèbres. Mais le côté folklorique mis à part, est-ce que la Tecktonik invente un nouveau style ou n’est qu’une mode passagère ?

Les avis sur la Tecktonik diffère. Entre les pros et les antis, le style fait quand même rire les indécis. Il est vrai qu’intrinsèquement le style vestimentaire est un agrégat d’anciennes modes qui donne un résultat assez kitsch. Outre la coupe mulet, universellement reconnue comme le comble de la « beaufitude » (Mon dieu, c’est vraiment horrible !), le retour du moulant sacre la féminisation de la société. On a plus peur d’emprunter dans la garde-robe gay, au risque de créer quelques controverses sur sa propre sexualité. Pour ce qui est du reste, on se balade allégrement entre les 60’ et les 90’ avec un renouveau du fluo. Au plan musical, la tecktonik semble être à la pointe de la mode comme elle risque de disparaître dès qu’un nouveau style apparaîtra. Sans poser de jugement hâtif, il semble bien que le boum-boum-wizz-boum-wizz incessant est appelé à disparaître car il n’apporte pas véritablement d’originalité à une musique déjà bien développée ! La seule véritable originalité se situe au niveau de la danse, qui, elle, bien que quelque peu dangereuse pour vos compères en boîte (il faut prévoir un espace d’au moins 5 m2  pour éviter de distribuer des tatanes à vos voisins) crée un véritable renouveau dans une discipline monopolisée par les bases hip hop. Si le style n’est qu’inutile, la technique de danse est copiée partout dans le monde et n’attend qu’à être universellement connue.

Malgré cela, La tecktonik est un style décalé et grandiloquent qui risque peut-être de disparaître dans un futur proche, faute à un effet de mode exacerbé. Et, tout avis partial mis à part, a le mérite au moins de nous avoir bien fait rire.
Jan Haesler

Analyse

L’Afrique du Sud à nouveau consacrée 12 ans après.

La fracture Nord-Sud, bien connue lorsque l’on parle de ressources économiques s’est immiscé dans les commentaires de cette coupe du monde de rugby. En effet, lors des poules de qualification, les nations du Sud, que sont l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud et l’Argentine, terminaient premières de leurs groupes, sans trop de difficultés. Mais…

Pourtant les quarts de finales ont réservés bien des surprises, à commencer par la victoire du quinze de la Rose face aux Australiens. Les Anglais, qui retrouvaient leur exceptionnel ouvreur Jonny Wilkinson, ennuyé par des blessures à répétition depuis 2003, ont dominé les Wallabies grâce à leur jeu au pied.
D’ailleurs, cette coupe du monde a privilégié la défense et le jeu au pied. Les favoris néo-zélandais en ont également fait les frais. Face à une équipe française pleine de volonté, les All Blacks ont pliés, n’atteignant pas le dernier carré d’une coupe du monde pour la première fois de leur histoire !
Néanmoins, les Springboks ont réussi à sauver les apparences en venant à bout de l’Angleterre, au terme d’une finale sans essai. Eh oui, pour gagner, il fallait pouvoir compter sur un marqueur de qualité. Percy Montgomery, pour les Springboks, fini meilleur marqueur du tournois avec 105 points. De son côté, le quinze de la Rose a pu compter sur Wilkinson auteur de tous les points  de son équipe lors des quarts, demis et finale, excepté l’essai de Josh Lewsey face à la France. Hélas, insuffisant pour que les Anglais puissent conserver leur titre acquis 4 ans plus tôt.

Pour le pays organisateur (la France), les choses se sont mal terminées. Imitant le jeu Anglais avec une défense solide et l’occupation du terrain au pied, ils ont réussi à créer l’exploit contre les néo-zélandais, mais ont butés face au maître en demi-finale (victoire de l’Angleterre 14-9). Déboussolés, ils laisseront également filer la petite finale aux Argentins. Les Pumas, déjà vainqueurs en poule face au quinze tricolore ne fera qu’une bouchée de Chabal et cie (34-10).

Bref, l’Afrique du Sud conquière la Webb Ellis Cup pour la deuxième fois et rejoint par la même occasion l’Australie avec deux titres.
Mais des questions se posent quant au jeu de plus en plus défensif, et au nombre de participants, la Namibie, le Portugal et d’autres pays n’ayant pas leur place dans un tournois mondial, selon les dires de certains.
S.G.