Musique

Metropop festival 2007

Il y a trois ans, j’avais passé une soirée excellente et très festive au Metropop Festival. J’ai gardé le souvenir d’une ambiance électrique, d’une salle Metropole 2000 remplie de jeunes et moins jeunes, tous rassemblés autour de la musique et de la convivialité. Ce sentiment explique peut-être ma petite déception à la fin de cette soirée du 8 novembre 2007.

Lorsque j’ai appris, avec ma collègue Zoé, que nous allions bénéficier d’accréditations, respectivement en tant que journaliste et photographe, j’étais surexcitée. Je le devins un peu moins quand le chargé de communication du festival nous annonça que nous ne pouvions pas avoir deux accréditations par soir pour un même journal. Voilà pourquoi je n’écrirai qu’à propos de la première soirée du festival.
Mais ceci n’était pas bien grave. J’allais pouvoir interviewer des bénévoles, les organisateurs, et pourquoi pas un des artistes? Je me réjouissais réellement, d’autant plus que cette année, le festival réunissait quatre salles et clubs de Lausanne (les Docks, le Romandie, le D ! club et la salle Métropole).

Nous allions donc pouvoir profiter de cette fabuleuse opportunité pour nous rapprocher un peu de notre rêve de devenir journaliste. Tout allait donc bien jusqu’à ce que nous arrivions dans cette magnifique salle métropole. J’avais l’accréditation ce soir-là, Zoé dû donc prendre un billet… au prix de 49 francs. Mais nous n’avons pas pu entrer, car nous devions retrouver des amies, et l’entrée était définitive. Deux heures plus tard, nous revenions, sans nos amies, qui préféraient nous attendre au D !, où l’entrée était gratuite jusqu’à 23 heures.
En plus de devoir payer 50 francs pour prendre quelques photos, Zoé s’est vu refuser l’entrée, la raison n’étant autre que son appareil photo. Au bout de 15 longues minutes d’explications, nous pouvions enfin entrer, l’appareil photo en mains.
Nous étions donc là, sans badges, sans possibilités d’interview ou de reportages photo. Nous pouvions tout de même prendre des photos d’ambiance. Un agent de sécurité sympathique a tout de même permis à Zoé de prendre quelques photographies devant la scène. Mais peut-être allions-nous avoir une chance de faire ce pour quoi nous étions là dans les trois autres clubs de Lausanne. Mais ce ne fut pas le cas. Car il fallait attendre la fin du dernier concert de la salle métropole pour pouvoir entrer dans les autres clubs sans payer. Et pour tout vous dire, nous n’avions pas prévu de dépenser 100 francs, uniquement pour pénétrer dans l’enceinte du festival.

Nous avons donc pu suivre le concert de Wax Tailor, la révélation trip-hop de l’année. Une bonne acoustique, une ambiance calme et détendue ont accompagné la très bonne prestation du français. Allant de mélodies douces et lancinantes à des rythmes plus appuyés, Wax Tailor a ravi le jeune public déjà conquis. Il a ensuite laissé place à ses compatriotes du groupe Le Peuple de l’herbe. C’est sur motivés que les membres du groupe ont entamé deux heures quasi-totale d’hystérie musicale, mêlant comme à leurs habitudes électro, hip-hop, funk, rock et jazz, Le public leur a donné son énergie en retour. L’ambiance était très conviviale et festive. C’est donc sur cette bonne note musicale que nous nous sommes rendues au D ! club pour écouter les bootlegs hallucinants de dj Zebra. Le bootleg est un genre musical qui consiste à associer 2 chansons pour donner un mix plutôt surprenant. Et l’ancien bassiste du groupe Billy Ze Kick est expert dans ce domaine. C’est donc dans une salle bourrée que nous l’avons retrouvé. Ce concert était de loin le meilleur de la soirée. Les gens chantaient, dansaient au corps-à-corps. La petite salle du club a contribué à rassembler cette foule hystérique.

C’est donc à 4 heures du matin que s’est achevée cette soirée qui, force est de le constater, ne nous a pas permis de nous perfectionner dans le journalisme. Je garderai un agréable souvenir du public et de l’ambiance de ce Metropop 2007. Les personnes présentes étaient chaleureuses et ouvertes. Je crois que les artistes de ce jeudi soir ont été conquis eux aussi par cette atmosphère. Cependant, je tenais à parler des problèmes d’organisation et de logistique.

Le Metropop Festival s’est rapidement développé ces dernières années. Les organisateurs ont-ils été dépassés par l’ampleur de ce succès ? Je comprends bien qu’ils se doivent de trouver des artistes de renommée, d’offrir plus (avec 4 salles de concert), de ne pas décevoir le public. Mais les prix d’entrée et des boissons n’étaient certainement pas à portée de tous les étudiants. Nous étions surprises qu’un festival, particulièrement dans la ville des soirées estudiantines par excellence, pratique de tel prix. Que nous n’ayons pas pu interviewer les organisateurs ou les artistes n’est pas si important. Après tout, nous ne sommes que des étudiantes, pas de vraies professionnelles. Et nous avons passé une excellente nuit. Mais le manque d’organisation et de souplesse fera peut-être fuir les jeunes vers d’autres festivals et ce malgré l’ambiance chaleureuse de tous les bénévoles et responsables. Cette édition n’a d’ailleurs rassemblé (que) 8000 personnes, ce qui est inférieur à l’année précédente.
Mélanie Kornmayer

Théâtre

Les Aveux

Viviana von Allmen
En proposant Phèdre, de Racine, la Fondation du théâtre français au Théâtre Palace à Bienne a offert un délice aux amateurs de théâtre.
Considérée comme un chef-d’oeuvre du théâtre classique, Phèdre raconte sans aucun doute la plus déchirante histoire d’amour écrite au théâtre. Un amour interdit et impossible entre une femme, Phèdre, et son beau -fils, Hippolyte.

Lorsque la Grèce florissait sous des lois égalitaires, une liberté effrénée mit le trouble dans Trézène.
La mise en scène signée Gino Zampieri est fastueuse.
Elle montre la misère de l’homme, son impuissance, ses lâchetés et ses cruautés, révélant le bouleversement des codes et des destinées.
Dans un palais sans âge du Péloponnèse, un combat féroce entre générations s’accomplit. Nous sommes aux temps mythiques où le divin et l’humain rodent encore dans les parages. Les Dieux, que les personnages ne cessent d’invoquer de leurs puissances, jouent avec les émotions des mortels.
Dans ce spectacle en quatre actes, à la suite de l’annonce de la mort de Thésée, on voit la reine, vêtue en noir, descendre majestueusement des escaliers impériaux. Affaiblie, elle promulgue « Soleil, je te veux voir pour la dernière fois » elle désire mourir. Phèdre se sent coupable des sentiments incestueux qui l’habitent même s’ils n’ont pas été exposés à la clarté du jour. Cependant, elle finit par confesser à Oenone ses sentiments incestueux pour le prince, qui l’incite à se dévoiler. « Je reconnais, ô fidèle nourrice, la sagesse de tes conseils »
Proie des dieux attachés à sa perte, Phèdre peut engendrer la pitié et pourtant elle n’hésite pas à appeler la vengeance de cette même Vénus qui la torture pour forcer le cœur rebelle d’Hippolyte.
Suite à la disparition du roi, Aricie et le jeune prince, se déclarent leurs sentiments d’amour. Toutefois une vérité tragique va frapper Hippolyte.  Phèdre l’affronte et avoue la passion qu’elle éprouve pour lui. L’un et l’autre, en gardant le silence sur leur face-à-face, se feront complices d’un même secret fatal.
Contemporanéité, les Dieux veulent le retour de Thésée, que l’on croyait mort.
Hippolyte est accusé par Phèdre de cet amour incestueux. Malgré ses explications, il ne parvient pas à convaincre son père de son innocence. Thésée, alors, appelle sur sa tête la malédiction de Neptune. Théramène, relate la mort d’ Hippolyte.
A la mort du jeune prince, le remord de Phèdre la conduit à s’empoisonner. Toute vêtue de blanc, elle rentre sur scène et meure pour laver son péché.
La pièce s’achève sur des images sanglantes…
C’est ce que l’on attend d’une tragédie.