Analyse

Dignité humaine et sans-abris, mais quelle compatibilité ?

Au retour de l’hiver, comme chaque année depuis au moins un quart de siècle, les sans abris (re)deviennent un sujet d’actualité.

88 jours, 23 heures et 41 minutes cette année ! c’est la durée de l’hiver jusqu’au début du printemps. 88 jours pendant lesquels le sans-abri va vivre dans des conditions de désolation, bien souvent abandonné par sa famille ou ses amis. Vous vous en étonnez ? et bien je vous l’assure cela existe et se passe bien chez nous, suisses protégés de toute désolation.
Actuellement la place du sans-abri au sein de la société a évolué. À la fin du XIXe siècle, le vagabond était considéré comme la base de toute criminalité, la réponse était essentiellement pénale. Mais la situation des sans-abri contemporains est tout à fait différente puisque aujourd’hui, il s’agit surtout de les accueillir et de leur proposer des solutions en termes d’insertion. Une évolution de l’orientation des politiques publiques en matière de sans abrisme s’est développée. Passant d’une logique traditionnelle qui était celle de la répression à une orientation “assistantielle“ des politiques publiques, aujourd’hui les sans-abri sont plus considérés comme des citoyens à assister que comme des asociaux à enfermer. Le sans-abri a sa place en quelque sorte dans la Constitution fédérale de la Confédération suisse de 1999 puisque que l’article 12 stipule bien que “Quiconque est dans une situation de détresse et  n‘est pas en mesure de subvenir à son entretien a le droit d’être aidé et assisté et de recevoir les moyens indispensables pour mener une existence conforme à la dignité humaine“ car “ la dignité humaine doit être respectée et protégée.“ Article 7 de la Constitution fédérale de 1999.
Mais la difficulté de définir le sans abrisme explique son caractère abstrait. Quel que soit le domaine choisi afin de trouver une définition du sans-abrisme en Suisse (police, institutions d’aide sociale, sleepings…), il en ressort toujours la même chose : un certain flou. En effet, un paradoxe semble s’être installé : d’un côté, il y a les autorités et la législation qui prétendent que le sans-abrisme n’existe pas ou plus en Suisse, en ignorant totalement ce cas de figure dans la loi, et, d’un autre côté, il y a la réalité, c’est-à-dire l’existence de nombreux sans-abri en Suisse. Dès lors, il est difficile de dire ce qu’est un sans-abri, car, théoriquement, cette catégorie n’existe pas.
Au niveau de l’Office fédéral de la statistique, il n’y a même pas de chiffres officiels concernant le sans-abrisme en Suisse, ni de définitions ou de critères sur lesquels se reposer pour quantifier cette partie de la population.
Comment alors prendre conscience, en tant qu’être humain et citoyen, qu’il existe en Suisse des gens qui n’ont pas de toit, abandonnés par le système et faisant partie d’un groupe social exclu alors qu’ils ne sont même pas reconnus par les autorités comme participant à la dynamique d’un problème social !
Dans un pays soi-disant développé, on constate que certaines personnes n’ont pas d’habitat. Pourtant chacun pourrait et devrait être logé convenablement si les villes respectaient les 20% de logement sociaux, ou en appliquant la loi ! Mais aujourd’hui, dans les pays des droits de l’homme, la loi du profit est bien souvent plus forte que la dignité humaine…
Zoé Decker

Eclairage

Aimez-vous ou détestez-vous l’hiver ?

Les saisons apportent avec elles leurs lots de sentiments et d’attentes, qui sont bien souvent partagés par tout un chacun. L’hiver est donc l’exception qui confirme la règle. Il est vrai que cette période de l’année ne laisse personne indifférent. On l’aime, ou on la déteste. Et vous ?

Les saisons ne sont pas toutes appréciées de la même manière. Le printemps plaît surtout car c’est le retour de la chaleur et du soleil. On apprécie l’été, qui rime avec vacances et détente. L’automne nous permet soit de vivre un été prolongé, et dans ce cas nous nous délectons de cet été indien, soit il annonce le début du froid, du brouillard, et le moral est au plus bas.
Les saisons apportent avec elles leurs lots de sentiments et d’attentes, qui sont bien souvent partagés par tout un chacun. L’hiver est donc l’exception qui confirme la règle. Il est vrai que cette période de l’année ne laisse personne indifférent. On l’aime, ou on la déteste. Et vous ?

L’hiver est la saison par excellence pour les amateurs de sports d’hiver. Les compétitions de skis commencent à la télévision, le championnat de hockey bat son plein et n’oublions pas les nombreux lotos et jass au cochon (qui sont considérés comme des sports à part entière pour beaucoup). Les stations de ski ouvrent leurs portes enneigées aux skieurs et raiders pour leur plus grands plaisir. Mais qui dit vacances en montagne dit également fêtes et soirées en tout genre. C’est là le regroupement des jeunes gens de tous le pays, voire de l’étranger, qui se réunissent pour le plaisir d’une bonne bière ou d’un bon vin chaud.
Pour ceux et celle qui apprécient la neige et ses contributions, il n’y aura aucunes peines à vivre ces trois mois de fraîcheur et d’or blanc.
En plus des joies de la glisse, Noël et ses cadeaux viendra réchauffer les cœurs. Les incontournables tels que les sapins, les guirlandes, les stands et les chants de Noël réjouiront les plus romantiques et les plus traditionnels. Dans certaines villes et villages, les concours de décorations sont de véritables compétitions. Mais les inconditionnels de Noël jamais ne considéreront ces lumières et autres scintillements comme kitsch. Ces derniers soutiendront que Noël et l’hiver sont les périodes les plus joyeuses et chaleureuses de l’année.
Et n’oublions pas la Saint-Sylvestre. Une nouvelle année commence, ce qui, peut-être, remontera le moral de certains.
Tant d’occasions de fêter, de s’amuser, de se dépenser ou au contraire, de se reposer pour les heureux vacanciers, qui font de l’hiver la saison la plus vibrante et sociale.

L’hiver est également la saison d’excellence pour déprimer. Il n’y a rien de plus ennuyeux que le curling et les courses de ski de fond. Le championnat de hockey dure déjà 9 mois, mais en plus, en hiver, on nous rajoute les matchs de la sélection nationale. Pour les personnes qui ne pratiquent ni le ski, ni le snowboard, l’hiver n’a vraiment rien d’intéressant à offrir. Il n’y a aucunes fêtes, aucuns festivals open air. Les seules possibilités de s’amuser sont Noël et Nouvel An. La première possibilité n’est pas réellement une fête puisqu’on passe deux voire trois jours avec sa famille et les cousins qu’on ne connaît même pas. En plus, on prend cinq kilos parce qu’on a trop mangé de filet mignon (et non du foie gras). Noël n’est, en fin de compte, qu’une fête commerciale puisque les magasins nous offrent des décorations depuis le mois d’octobre. En ce qui concerne Nouvel An, c’est juste une excuse pour faire la bise à des gens qu’on ne connaît pas pour leur souhaiter une année heureuse. La seconde alternative est de rester à la maison, au chaud et tranquille. Mais là encore, rien d’intéressant ou d’enivrant, puisqu’à la télévision, on peut voir les mêmes bêtisiers depuis les années 80, ou alors c’est « Les dix commandements » que l’on a tous déjà vu cinq fois avec grand-mère.
Mais ce qu’il y a de plus déprimant, de plus triste, de plus frustrant en hiver, ce sont les journées, qui sont si courtes qu’on a l’impression d’hiberner. On se lève le matin, il fait nuit. On rentre du travail, il fait nuit. En fait, on vit le jour uniquement pour travailler. Il faut mettre son réveil 30 minutes plus tôt pour gratter les vitres de la voiture, pour être certain d’arriver à l’heure au travail puisque les bus et les trains sont tout le temps en panne, ou pour marcher à 0,5 km/h, si possible en ne se cassant pas le bassin pendant la promenade. Quand on se réveille encore tout endormi, on ne l’est certainement plus lorsqu’on promène le chien par moins 15 degrés.
L’hiver, pour ceux qui apprécient la chaleur de l’été, les journées ensoleillées et qui ne pratiquent pas de sports d’hiver, est la période la plus longue et la plus morne de l’année.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter, tant aux inconditionnels qu’aux déprimés, un joyeux Noël, une excellente année 2008 et de bonnes vacances.
Mélanie Kornmayer