Eclairage

Hymnes nationaux à l’Eurofoot

Moment solennel s’il en est, dernier instant de concentration pour certains, occasion de faire preuve de son talent vocale pour d’autres, je vous propose en cette période d’Eurofoot, de regarder de plus près, quelques hymnes nationaux.

Comme d’aucun le sait, depuis Rousseau du moins, la musique agit par association d’idées, la mélodie du chant est propre à transmettre les émotions que le compositeur a ressenties et qu’il a voulu représenter au travers de son œuvre. Ces hymnes chargés d’émotions rapprochent les 11 joueurs sur le terrain, au garde à vous et la main sur le cœur, des millions de spectateurs patriotiques, dans le stade ou derrière leurs écrans. Cet acte symbolique ressemble aux chorales chrétiennes, ce qui soulève le caractère sacré de ces prologues musicaux. Comme les chrétiens s’unissant en un seul corps pour louer Dieu, les sportifs et leurs supporters s’unissent en un seul corps pour défendre et honorer la mère Patrie.

Revenons maintenant sur quelques uns de ces hymnes, en comparaison au parcours de leurs représentants.
Commençons par l’erreur de la SRG qui, lors du match Autriche-Allemagne, a sous-titré l’hymne allemand avec les paroles traditionnelles, utilisées sous le régime nazi, alors qu’aujourd’hui, le 3ème couplet seulement est chanté. Ce couplet proclame l’unité, le droit et la liberté, rien de très extravagant, somme tout, à l’image du froid réalisme allemand.
Alors que l’hymne national suisse prédise l’arrivée de plus beaux jours depuis longtemps déjà, le parcours de l’équipe suisse a de nouveau déçu. Eliminés dès le premier tour, les cœurs pieux du pays ont montré bien peu de verve offensive. A quand les beaux jours du football helvétique ?
La Marseillaise annonçait le jour de gloire pour les enfants de la patrie pour une équipe sortant sans gloire, aucune, avec 1 seul misérable petit point dans ses bagages. Pourtant, au cœur de cette déconvenue, il en est un qui a réussit à s’attirer la gloriole médiatique, et oui Raymond a fait sa déclaration de mariage à Estelle, juste après la défaite face à l’Italie synonyme d’élimination. De quoi faire oublier cet Euro manqué ?
La marche de l’indépendance turque rappelle la foi à toute épreuve des guerriers ottomans sur un terrain de football. Ne lâchant jamais rien, d’une agressivité parfois à la limite du correct, pour leur liberté et pour leur patrie, les turcs se battrons jusqu’au bout.
En ce qui concerne la Russie, l’hymne met en valeur la grandeur du pays ainsi que l’héritage de ses ancêtres. En effet, la Russie d’Arshavin tient de l’ex-URSS, par sa vivacité et sa rapidité, cette équipe est capable de créer un exploit à la mesure du pays.
Enfin regardons l’Espagne, dernière équipe des demi-finalistes. Depuis la chute de la dictature franquiste, La Marcha Real (marche royale) s’est vue être dépossédée de ses paroles. Malgré un concours lancé en juin 2007, aucun texte n’a, pour l’heure, été officialisé. Les supporters ibériques se contentent donc de chanter la la la, lorsque la musique nationale retentit. Preuve qu’il n’est besoin de paroles unificatrice pour mouiller le maillot de son pays !
Sébastien Goetschmann

Voyage

Rome, ville empreinte d’autres temps

Il faudrait des mois pour saisir tous les trésors qu’abrite Rome. Un séjour de quatre jours semble donc bien éphémère, mais il s’est révélé d’autant plus riche en découvertes.

La session d’examens ayant enfin été reléguée aux oubliettes, quelle ne fut pas mon allégresse lorsque l’on prit le chemin de l’aéroport, destination: Rome. Après m’être longuement penchée sur cette ville au cours de mes études, il m’était finalement donné de la contempler de mes propres yeux.

Les aléas que rencontre chaque touriste, tel que la recherche de son hôtel avec force bagage à traîner derrière soi sous une chaleur étouffante, ont vite été oubliés pour laisser place à l’émerveillement face aux nombreux  monuments majestueux disséminés au fil des rues. Une première soirée nous a permis de goûter à l’atmosphère de la ville et au charme de ses places et de ses multiples terrasses.

Dès le lendemain, un véritable voyage non plus seulement dans l’espace mais aussi dans le temps a alors débuté. Notre première journée de visite nous a entraînées à travers les siècles à la découverte d’une Rome Antique encore si présente et si perceptible face à la capitale moderne. Quelle sensation prodigieuse de se trouver au Capitole, puis dans le Parthénon. Et voici que reviennent à l’esprit ces images déjà souvent imaginées, figurant quelques citoyens romains  venus faire leur offrande aux dieux païens. Cependant, nous avons été bien étonnées de découvrir que le Parthénon, lieu religieux païen par excellence, avait été transformé en basilique chrétienne dès le VIIème s. Etrange dénaturation qui a néanmoins permis de conserver l’édifice quasiment intact. Nous avons ensuite foulé le sol du forum et de la Via Sacra, autrefois parcourue par les Empereurs lors de leur triomphe, aujourd’hui par une foule de touristes. Certains monuments ont gardé toute leur prestance malgré l’écoulement souvent dévastateur des siècles. L’Arc de Septime Sévère en est un exemple frappant. Nos pas nous ont ensuite menées devant le Colisée, dont la visite s’est révélée tout aussi époustouflante. A nouveau, l’imagination renoue avec les temps antiques et les textes étudiés prennent vie pour rejouer divers épisodes.

Une nuit s’écoule et nous transporte vers d’autres temps, d’autres mœurs. Nous avons en effet consacré notre deuxième journée de visite au Vatican et aux merveilles qu’il recèle. C’est sur la place St-Pierre, écrasante de splendeur et de grandeur, que se posent nos premiers regards. La Basilique St-Pierre nous a ensuite déployé toutes ses richesses. Avec ses sols décorés de marbres, ses colonnades, ses statues, ses multiples coupoles, les sujets d’émerveillement sont infinis. Seul le flot de touristes déambulant bruyamment ôte quelque peu son charme sacré au lieu. La visite se poursuit ensuite à travers les « Musées du Vatican », collection des plus inimaginables richesses de l’Eglise. Au fil des salles, on découvre une multitude d’objets de culte et de parures couverts d’or et de pierres précieuses, des tapisseries, des cartes géographiques, des statues et bien d’autres trésors encore. Ces galeries ahurissantes aboutissent au final sur la célèbre « Chapelle Sixtine », dont les murs et le plafond sont recouverts de prodigieuses peintures. « Le Jugement dernier » de Michel-Ange est probablement l’une des plus célèbres, mais bien d’autres artistes talentueux ont contribués à la somptuosité du lieu, notamment Botticelli et Le Pérugin.

C’est l’esprit confus et engourdi, encore incapable d’assimiler avec clarté tous les chefs-d’œuvre contemplés, que l’on retrouve la lumière du soleil. Une dernière halte sur une terrasse ombragée par une galerie de colonnades nous ramène à cette Rome moderne, vivante, colorée et pourtant encore si profondément ancrée dans son histoire et animée par l’extraordinaire héritage qu’elle lui a légué.
Sonia Bernauer