Ski

«A la fin, chacun doit se battre pour lui-même»

Hugues Ansermoz, chef alpin dames à Swiss Ski, se confie sur son parcours de vie, son travail et ses objectifs après une saison 2007-2008 remplie de satisfactions.
Propos recueilli par: Raphaël Iberg

Raphaël Iberg: Vous êtes chef de l’équipe suisse féminine de ski alpin depuis 2006. Quel a été votre parcours avant d’en arriver là ?
Hugues Ansermoz: Après avoir fini une carrière de skieur, je suis parti travailler pour la marque Rossignol aux Etats-Unis de 1985 à 1991. J’ai aussi travaillé comme préparateur pour l’équipe américaine masculine. Je suis revenu en Suisse en 1991 et j’ai entraîné l’équipe romande de 1991 à 1997. En 1997, les Canadiens m’ont contacté. J’ai passé neuf ans là-bas. J’ai travaillé comme entraîneur avec l’équipe junior canadienne et, de 2004 à 2006, comme chef alpin dames. En 2006, les Suisses m’ont contacté car ils cherchaient un nouveau chef alpin et ils voulaient un Suisse. C’est bien tombé pour moi. C’était une occasion que je ne pouvais pas manquer.

Faut-il des qualités particulières pour être un bon chef ?
Oui, un peu comme partout. Je suis un chef qui cherche beaucoup la discussion, la négociation. Je ne suis pas un dictateur. J’aime bien déléguer. Si j’ai confiance en les gens, je suis à fond derrière eux et je les supporte. Bien sûr, il faut trouver le moyen de se faire respecter. Par son travail, par sa manière d’être, par la façon dont on voit les choses, on gagne le respect des gens qui travaillent pour soi ou plutôt avec soi dans mon cas.

Faut-il avoir des aptitudes naturelles à diriger ou cela peut-il s’apprendre ?
D’un côté ce sont des aptitudes naturelles. Mais dans ma carrière d’entraîneur j’ai quand même
changé beaucoup de choses dans ma façon de voir. Il faut essayer de prendre du recul, de ne pas tout de suite exploser. Je pense que c’est important en tant que chef de ne pas dire des choses qu’on va regretter après. En tant qu’entraîneur, on peut exploser, en tant que chef, il faut faire plus attention à ce qu’on dit. Quand j’étais entraîneur, j’explosais très vite et maintenant j’ai un peu changé. Mais je pense que le fond est resté le même.

Quelle est votre relation avec les skieuses ?
Je les connais bien, ce sont des amies. Quand j’étais entraîneur, j’étais vraiment très proche des
athlètes. Maintenant, en tant que chef, je ne peux pas trop m’engager pour les athlètes. Mais c’est important pour moi qu’elles aient suffisamment confiance pour me parler car il faut que je sache comment cela se passe dans les groupes. Si les filles ont des problèmes et qu’elles n’osent pas parler à leur entraîneur, il ne faut pas qu’elles aient peur de venir me parler. Donc c’est important d’avoir une bonne relation.

Avez-vous des méthodes particulières pour motiver les skieuses avant un grand rendez-vous ?
Non, c’est très individuel. Maintenant, j’essaie de mettre en place un plan spécial Vancouver 2010. On peut faire deux choses pour les grands événements: on peut dire qu’on prend cela comme une autre course, qu’on ne va rien faire de spécial ou alors, au contraire, on peut essayer de faire monter l’adrénaline pour que les filles soient prêtes à tout pour ce grand événement. J’ai un peu la mentalité canadienne. Chez eux, les grands événements sont beaucoup plus importants. Un skieur n’est pas connu par ses résultats en Coupe du monde. Par contre les Jeux olympiques sont très suivis. Une médaille, c’est une reconnaissance éternelle au Canada. En Suisse, on peut être une star par ses résultats de Coupe du monde. Donc on se dit qu’on peut prendre cela comme une autre course. Mais c’est tout de même différent. On ne peut pas avoir une grande carrière sans un résultat olympique.
Donc j’essaie de les préparer. C’est sûr qu’on aimerait faire quelque chose de plus, mais il y a le danger de changer quelque chose qui marche bien dans la préparation des courses. Le ski nous met dans une situation très spéciale. On le vit en équipe, mais c’est un sport individuel. Pour nous c’est très difficile car à la fin, chacun doit se battre pour lui-même. Au moment où elles sont sur la piste, les quatre filles qui sont là sont quatre concurrentes. C’est très difficile pour nous de gérer cela. Quand les premières courses arrivent, c’est très difficile de garder cette bonne ambiance d’équipe.

Comment voyez-vous votre avenir ?
C’est difficile à dire. Nous avons eu deux années assez bonnes, mais la pression est très dure, je la ressens beaucoup. C’est un travail très stressant. Et là nous avons eu deux bonnes années, donc je n’ose pas imaginer une année où nous n’aurions pas de résultats. Mon but est Vancouver 2010, et après on verra. Je n’imagine pas rester à cette place très longtemps après car cela prend vraiment beaucoup d’énergie.
R.I.

Musique

Un joyau musical au cœur de la Riviera

Le Centre des Congrès participe à l’épanouissement touristique et culturel de la ville de Montreux depuis 35ans. Quelques mots sur ce magnifique bâtiment polyvalent et une approche au centre d’un concert donné le mois précédent.

Étant situé au bord du Léman, entouré des Alpes et proche l’aéroport international de Genève, Montreux jouit d’une situation exceptionnelle. Depuis 1973, les rives montreusiennes ont la chance d’être munies d’un Centre de Congrès abritant le somptueux Auditorium Stravinsky. Agrandi en 1981, cet imposant bâtiment est enveloppé de verre transparent, lesquelles reflètent élégamment la risée lémanique.
Le Centre de Congrès contribue depuis longtemps au développement touristique de la ville de Montreux en s’ouvrant à plusieurs manifestations et événements culturel dont le Festival de Jazz depuis 1967. Ce festival attire les plus grands artistes parmi lesquels figurent Miles Davis, B.B King, Deep Purple ou encore Phil Collins. Ainsi, cette nouvelle renommée fait connaître Montreux à travers le monde, si bien que depuis mai 2006, le centre de congrès prend le nom de « Montreux Music & Convention Centre » (2m2c) afin de mieux répondre aux attentes musicales et événementielles des touristes ou des habitants de la région.
Les 18’000 m2 de surface totalisé dans ce centre lui permet d’accueillir plus de 25 événements musicaux et culturels chaque année, dont le Festival du Rire, ou encore la Saison Culturelle, le Septembre Musical ainsi que le Festival de Jazz évoqué précédement. Au 2m2c se déroulent aussi environ 50 événements professionnels parmi lesquels le tirage au sort de l’Euro 2008, des assemblées des Cadres Nestlé, des lancements de produits et réunions pour L’Oréal Coiffure, Roche, Novartis, des défilés de Mode Podium Femina ou de multiples congrès scientifiques.

Entrons maintenant au cœur du Centre pour rejoindre l’Orchestre Symphonique de la Philharmonie Nationale d’Ukraine qui a donné un fabuleux concert de Tchaïkovski le samedi 11 octobre. Ce fut un concert fort en émotion et l’orchestre a su retenir l’attention du public par les effets mélodiques du classicisme de Tchaïkovski qui ont été mis à l’honneur ce soir-là. La presse française décrit fort bien la symphonie, car il est vrai que les musiciens ont fait preuve « d’une habileté technique extraordinaire et d’une musicalité captivante, qui dégagent un esprit de générosité ». L’enthousiasme du public s’est ainsi fait sentir par ses nombreuses acclamations et ses commentaires hautement favorables envers les artistes, notamment Dmytro Sukhovienko, le pianiste dominant de ce concert. Il s’est en effet montré remarquable dans son interprétation de Tchaïkovski, qui reste l’un des plus grand compositeur Russe populaire partout dans le monde. La Tribune dit de cette partition que « les musiciens de Kiev baignaient littéralement dans l’univers de ce compositeur avec un souffle pathétique qui touche directement au cœur. Les instruments à cordes ont enchanté le public par leur chaleur, et ceux à vent pas leur ouverture. Tout cela, sous la fervente direction de Mykola Diadiura ».
Par sa qualité de propagation sonore exceptionnelle, l’Auditorium Stravinsky de Montreux nous a ainsi offert une soirée particulièrement brillante, pleine de passion et d’effervescence,   gratifiée d’une vigueur et d’une virtuosité instrumentale immanentes à seul quelques orchestres de l’Europe de l’Est.
Mireille Régis