Mode de vie

Une autre manière de fêter Noël

Chaque année, l’association Noël Autrement s’établit au péristyle de l’Hôtel de Ville à Neuchâtel pour offrir à ceux qui le désirent une fête de Noël originale et conviviale.

Depuis quinze ans déjà, l’association Noël Autrement investit le Péristyle de l’Hôtel de Ville à Neuchâtel les 24 et 25 décembre et propose à ses visiteurs de fêter Noël dans un cadre différent. Cet événement est ouvert à tous les intéressés (familles, amis, etc.), bien qu’il s’adresse surtout aux personnes seules durant les fêtes. De ce fait, Noël Autrement essaie chaque année de créer un lieu convivial où chacun peut déguster un bon repas. L’association propose diverses animations parmi lesquelles du rock acrobatique, du piano ou du Gospel, selon les années. Les enfants aussi y trouvent leur compte puisqu’un stand les accueille et leur propose différentes activités, allant du bricolage aux contes en passant par la création de Scoobidou.

Une autre manière de fêter Noël, donc, loin du cercle familial que tous n’ont pas la chance de connaître ; une fête de Noël partagée, vécue aux côtés d’inconnus, telle est la vision qu’offre Noël Autrement. La convivialité qui se dégage de cet événement doit beaucoup à la décoration sobre mais chaleureuse qui orne les lieux. Nous avons rencontré Delphine Linder, responsable de la décoration pour Noël Autrement depuis quatre ans déjà. Sous ses doigts de fée, le péristyle de l’Hôtel de Ville, cet endroit splendide mais relativement austère, au caractère un peu trop officiel selon elle, se transforme complètement pour faire place à toute la magie de Noël.

« Cette année, j’ai choisi de travailler sur le thème de la sphère. L’idée m’est venue d’un stand que j’ai vu à la Fête des Vendanges où étaient suspendues plusieurs boules à hauteurs inégales », déclare la décoratrice. C’est en effet dans la vie quotidienne que Delphine pioche ses idées de décoration. D’après elle, « il suffit d’ouvrir les yeux ». De ce fait, une multitude de sphères attirent immédiatement l’attention lorsque l’on pénètre dans le péristyle ; des grandes et des petites, illuminées ou non. Certaines sont remplies de plumes, de grains de café ou encore d’ouate. De cet ensemble se dégage quelque chose de céleste. Le plafond est paré de vastes toiles tendues brunes et blanches et les colonnes sont discrètement recouvertes de subtils flocons de neige, fabriqués par deux classes de l’école primaire de Gorgier et de la Promenade, mises à contribution pour l’occasion. Egalement institutrice, Delphine Linder trouve important de sensibiliser les enfants à la solitude vécue par certains à Noël. Elle-même s’investit pour offrir une part de bonheur aux gens seuls durant les fêtes.

L’élaboration d’une telle décoration, cela se pense et se prépare à l’avance. « J’y réfléchis déjà  depuis le mois d’octobre », explique Delphine. La décoratrice essaie de réutiliser le matériel des années précédentes tout en apportant du nouveau. Cette année, les réserves lui ont néanmoins réservé une mauvaise surprise : « Le local n’étant pas chauffé, une grande partie du stock était pourrie ». Heureusement, cela n’a pas causé de véritable catastrophe. Aussi tôt qu’elle s’y prenne pour élaborer ses décorations, Delphine Linder souffre toujours de stress au cours de la dernière ligne droite. Lorsqu’il s’agit de tout mettre en place, la décoratrice doit souvent adapter ses plans à ce qui est réalisable. « Il y a toujours une part d’improvisation », indique-t-elle ; le résultat n’en est pas moins réussi pour autant. C’est donc dans une atmosphère féerique qu’un nombre record de visiteurs (environ 1500) a fêté Noël autrement.
S .B.

Eclairage

Soyez maudits !

Les superstitions sont des croyances que certains phénomènes, actes ou objets ont des conséquences négative ou positive. Elles sont irrationnelles et inexplicables pour le superstitieux. Aussi multiples soient-elles, celles-ci peuvent prendre la forme de pathologies mentales, ou rester dans un ordre culturel très diversifié.

Les superstitions existent depuis toujours, depuis que l’homme peut penser, inventer, imaginer. Les rites, les croyances, les craintes ou attentes du bonheur sans fondement sont des formes de superstitions. Au XIVème siècle, ce concept illustrait une « religion des idolâtres, un culte des faux dieux ». La superstition s’est opposée à la raison à partir du XVIIIème siècle où elle désignait la religion et les préjugés inexplicables, sans fondement. Le terme de superstition a généralement une connotation péjorative, car il est lié aux croyances ou pratiques irrationnelles et donc considérées sans valeur.
Les superstitions désignent la croyance que certains actes, ou phénomènes jugés étranges, ont une conséquence positive ou négative. On parle alors d’animaux, de personnes, d’objet qui, dans leur enchaînement ou disposition, portent « bonheur » ou « malheur ». On associe aux phénomènes des présages suspicieux, sans toutefois pouvoir expliquer pourquoi. Il n’y a pas d’explication scientifique, c’est notamment la raison pour laquelle l’astrologie, les horoscopes ou autres formes de pseudo-psychologies ne sont pas reconnues comme exactes.
Souvent d’ordre culturel, les superstitions varient selon les milieux sociaux. Il existe aussi des superstitions qui sont uniquement individuelles. En effet, elles prennent alors la forme de limites ou de croyances personnelles que l’on se donne. On espère ainsi que notre avenir soit meilleur, ou l’on craint au contraire qu’il soit mauvais, « maudit ». On se rassure, on se réconforte en essayant ainsi d’échapper à l’inconnu.
Une autre facette de la superstition est celle de la psychopathologie. Lorsqu’un individu tombe dans un état de superstition exagérée, qui dépasse largement la superstition commune à sa culture, on peut alors parler de pathologie mentale. Cette maladie fait perdre toute objectivité, elle entraîne chez l’individu une certitude que les évènements, les faits ou les objets sont animés par une force cachée, surnaturelle et supérieure. Bien que les objets soient inoffensifs et les connotations magiques insignifiantes, la superstition ressemble alors à une sorte de paranoïa, de psychose. Ce type de troubles obsessionnels compulsifs rend l’existence du malade invivable car il se sent en défi perpétuel avec le monde qui l’entoure, il ne cesse de « vérifier », de se créer des frayeurs ou angoisses. Par exemple, il va parier avec lui-même que la prochaine voiture passante sera rouge, et si tel n’est pas le cas, il va y associer un mauvais augure.
Sur un autre plan, la religion peut être considérée comme une superstition pour les athées. En effet, la superstition comme la religion supposent des croyances liées aux phénomènes surnaturels, sans lien avec les théories scientifiques. Les doctrines religieuses se fondent sur une idéologie et des pratiques se rapprochant de la superstition. Les symboles, les accessoires symboliques présents dans tous type de religion peuvent avoir une connotation superstitieuse. Celle-ci se matérialise au travers de talismans, grigris, trèfles à quatre feuilles… Les coccinelles ne sont-elles pas appelée « bêtes à bon Dieu » ?
Les superstitions communes sont très diversifiées suivant les cultures ; Le nombre 13 est censé porter malheur (aux USA, certains hôtels n’ont pas de 13e étage), alors qu’en Italie c’est plutôt le nombre 17, tandis que le 4 est jugé maudit en Asie de l’Est. Inversement, le nombre 8 est un signe de chance en Chine. Le fait de croiser un chat noir porte malheur dans certaines cultures, alors que cela porte bonheur au Royaume-Uni.
Il y a aussi différentes suspicions suivant les métiers : en couture, il ne faut pas se piquer le doigt avec une aiguille, et faire tomber un ciseau car cela prévoit une coupure. En aviation, les pilotes s’interdisent de prononcer les mots « accident, chute, crash ou tomber ». Les femmes portent malheur sur les navires.
Voici quelques porte-bonheur connus : les pattes de lapin, les trèfles à 4 feuilles, les fers à cheval, jeter une pièce dans une fontaine, voir une étoile filante, toucher de bois, croiser les doigts… Ce sont des actes ou objets suspicieux que les gens font en riant, en faisant un voeux, parfois sans y croire vraiment. Ils y approprient cependant un avenir positif, mais ils savent qu’il ne sera pas réellement influencé.
Il y a aussi un certain nombre de porte-malheur connus : voir un chat noir, des corbeaux, passer sous une échelle, casser un miroir est supposé apporter 7 ans de malheur. Les superstitions n’ouvriraient pas un parapluie à l’intérieur, ils évitent de perdre leur alliance, de poser les couteaux croisés, de se lever du pied gauche.
Ainsi, les superstitions sont partout dans notre vie quotidienne, mais personnalisées suivant les personnes, les cultures ou les lieux. Elles peuvent faire rire, on y associe un bon augure, mais elles peuvent aussi provoquer la crainte ou l’angoisse de l’avenir. La bonne méthode est de ne pas leur approprier tout ce qui nous arrive, car les superstitions peuvent empêcher de vivre sereinement comme nous l’avons vu pour les pathologies mentales. Une superstition exagérée ne va-t-elle pas à l’encontre de l’affirmation populaire selon laquelle pour vivre bien, il faut vivre l’instant présent ?
M.R.