Eclairage

Tous à vos CV !

Alors que le chômage des jeunes avoisine dans le monde un taux de 12,6% selon l’Organisation internationale du Travail, la Suisse ressemble à un oasis, où la jeunesse ne subit qu’un taux de 3,5% selon les dernières estimations du Secrétariat d’Etat à l’économie. Pourtant, ici comme ailleurs, les 15 à 24 ans sont les plus touchés, et représentent en Suisse 16% des chômeurs.

L’avenir après une formation peut parfois paraître incertain. Finalement, lorsqu’on envoie un Curriculum Vitae ou qu’on passe un entretien, comment mettre toutes les chances de son côté ?

Des qualifications oui, mais encore…

Le CV est la première étape, il donne une première impression de la personne qui postule et son élaboration doit donc être minutieuse.

Les qualifications sont bien sûr essentielles, mais ce n’est pas tout. « Lorsqu’on engage quelqu’un, le niveau de formation est important et avoir une expérience professionnelle préalable est un bon point, mais la jeunesse et l’inexpérience sont aussi des atouts», explique Robert Frund, directeur de la Fondation Pérène, une école spécialisée jurassienne. « En effet, les jeunes sont motivés et ils viennent d’acquérir les dernières connaissances dans la branche où ils souhaitent travailler, ils sont donc « à jour », à la pointe de ce qui se fait », renchérit-il.

« Le bagage universitaire est de toute manière un atout, de même que l’expérience professionnelle ou d’éventuels stages », confirme Marc Grossenbacher, responsable administratif au Service des Ressources Humaines du canton du Jura. Mais la formation ne fait pas tout, et lorsqu’il s’agit de départager plusieurs candidats, les employeurs prennent également en compte d’autres critères. « Les connaissances en langues, surtout l’allemand, sont évidemment importantes puisqu’on doit collaborer avec les administrations des autres cantons, continue-t-il, surtout pour des postes dans des domaines comme le développement économique ou encore la coopération par exemple. » Les activités extra-scolaires représentent également des atouts complémentaires. « Par exemple, si on cherche à engager un responsable d’équipe et qu’un des candidats a été capitaine d’une équipe de hockey ou de foot, on va se dire qu’il sait probablement déjà gérer des conflits et motiver un groupe », explique Marc Grossenbacher.

Même mantra dans le domaine scientifique, où, si les aptitudes techniques sont indispensables, d’autres critères entrent aussi en ligne de compte. « Même si nous axons beaucoup sur la formation, nous avons aussi besoin de gens qui sont peut-être un peu moins bons dans le domaine technique mais qui décrochent des clients. Et même si l’expérience est un avantage, il faut aussi parfois donner des premières chances », explique Xavier Goffinet, directeur des ressources humaines chez RWB, une société d’ingénierie basé à Porrentruy et possédant des bureaux dans toute la Suisse romande.

Au Quotidien Jurassien, outre qualifiés, les jeunes journalistes on les aime curieux, sociables et flexibles dans leur horaire, note Rémy Chételat, le rédacteur en chef. Après les qualifications et les caractéristiques de nature plus subjective, les employeurs prennent aussi en compte la façon dont le postulant pourrait s’intégrer à l’équipe existante. « Il faut être sûr de soi, mais aussi ne pas avoir trop de certitudes, être prêt à se remettre en question afin de s’adapter », énumère Robert Frund.

Tout aussi important : effectuer des stages afin de s’assurer que son choix est le bon. « C’est la seule façon de voir si le métier convient à ses aspirations et à sa personnalité », estime Rémy Chételat. Et un excellent moyen de mettre un pied dans le milieu du travail et de se faire des contacts.

Enfin, après avoir envoyé le dossier, il n’est pas forcément mal vu de déranger un peu afin de se rappeler au bon souvenir de l’employeur potentiel « Il ne faut pas hésiter à téléphoner pour demander si on a bien tout reçu, encourage Robert Frund. Cela crée un premier contact. »

Le fond et la forme

Outre les qualifications que l’on met en avant, la forme du CV a aussi son rôle à jouer. « C’est une première image de la personne, c’est bien de déjà montrer du dynamisme, de faire un dossier un peu osé », estime Xavier Goffinet. De même, un Curriculum Vitae court efficace est un signe positif pour les employeurs. « Il faut qu’en une ou deux pages on ait un maximum d’informations », renchérit Robert Frund. Enfin, parfois un peu délaissée à l’ère de What’s App, l’orthographe est importante et doit être soignée. Un bon dossier ne doit pas comporter de « trous », il doit être le plus complet possible et correspondre au plus près à la réalité. Il ne faut non plus pas oublier d’y joindre attestations et autres copies de diplômes.

Faisant partie intégrante du dossier, une attention particulière doit également être portée à la lettre de motivation. « Elle ne doit surtout pas être standard, estime Marc Grossenbacher, il faut qu’elle se mette en rapport avec la place pour laquelle on postule. »

Mettre en avant ses atouts, mais sans en faire trop

Durant l’entretien, phase clé du processus de postulation, le stress est à son comble. Quelques conseils des principaux intéressés afin de franchir l’étape en toute sérénité.

« Bien passer un entretien, cela se résume à savoir se vendre sans se vanter », synthétise Marc Grossenbacher. Il précise également qu’une tenue adaptée est de mise et qu’il vaut mieux éviter l’humour déplacé. La motivation est également importante, estime le rédacteur en chef du Quotidien Jurassien, « mais plus que cela, c’est la conviction qui compte, la façon de parler de la profession. On peut être timide et devenir un bon journaliste ».

Montrer l’intérêt que l’on porte à la profession et au poste en particulier constitue également une bonne stratégie. Robert Frund conseille de se renseigner sur l’entreprise ou l’institution avant l’entretien, de poser ensuite quelques questions, de prendre des notes, en bref : de montrer qu’on est actif. « Quant aux questions posées par l’employeur durant l’entrevue, il est important d’y répondre efficacement, mais sans être trop laconique», ajoute-t-il.

Mais pas besoin de se laisser impressionner, les employeurs apprécient également un jeune qui sait rester lui-même !

NUR

 

SUN

Et c’est parti pour une première saison prometteuse pour le FC Université de Neuchâtel

Tout a commencé lorsque le CIES (Centre International d’Etude des Sports) a souhaité affronter en match d’exhibition au stade de la Maladière les grands gagnants du tournoi de football inter-faculté organisé pour les étudiants. Le match a eu lieu, et les champions n’ont pas laissé filer leur titre, ils se sont imposés 6-0. À la suite de cette rencontre, Christopher Clark, membre de l’équipe victorieuse a vu la motivation de ses équipiers et a décidé de se lancer dans un projet d’envergure : créer une équipe au sein de l’université de Neuchâtel, qui pourrait participer à des championnats officiels et dont il serait l’entraîneur. Comme il le souligne, les débuts du club étaient pourtant incertains: «Au départ, je croyais qu’il serait très difficile de trouver des joueurs, car souvent les gens sont attachés à leur club et ne le quittent malheureusement pas facilement pour aller jouer ailleurs». Le fait de devoir commencer tout en bas de l’échelle a aussi été un facteur d’inquiétude. Y aura-t-il des joueurs qui accepteront de venir intégrer une équipe de 5ème ligue après avoir joué pour des ligues supérieures? La surprise a donc été de taille quand Christopher Clark a vu le nombre de joueurs souhaitant intégrer son équipe. «J’étais très content, il y a même deux joueurs qui ont quitté une ligue B pour venir jouer au FC Unine, c’était vraiment une bonne nouvelle pour moi! Les universitaires ont trouvé l’idée sympa et sont donc venus sans problème».

Créer un club de foot, demande quand même une certaine organisation. Il faut rédiger des statuts, trouver un terrain officiel sur lequel jouer les matches, former un arbitre et surtout avoir la possibilité de s’entraîner quelque part. Le FC Unine a eu la chance de pouvoir accéder au terrain de la riveraine proche de l’université et a donc pu accueillir les étudiants des facultés de l’université de Neuchâtel. Mais aussi les élèves des hautes écoles neuchâteloises, du CPLN et du lycée Jean Piaget (pour autant qu’ils aient 18 ans). «Au début, on avait envie de former une fille comme arbitre, dans le but de développer un peu plus le côté féminin de ce sport. Malheureusement, la joueuse qui avait accepté ce poste avait trop de travail avec ses études et n’a pas pu continuer. On espère vraiment pouvoir trouver des étudiantes motivées à devenir arbitres ou à créer une nouvelle équipe féminine», précise Christopher Clark. Le comité du club est donc maintenant composé du Président Ivan Ordas, d’un caissier, Jonathan Konrad, d’un secrétaire, Mohamed Musadak et de deux entraîneurs, qui se chargent de son bon fonctionnement. L’université ainsi que le service des sports universitaires ont soutenu le projet en accordant par exemple les droits d’utilisation du logo de l’Unine et suivent l’équipe pour qu’elle continue d’avancer sur le droit chemin.

Aujourd’hui, le club semble être sur la bonne voie, l’équipe compte 36 joueurs et tous sont bien motivés à aller de l’avant. Frôlant pour la première fois le terrain d’entraînement au mois de juillet en participant 3 fois par semaine à des séances d’exercices de renforcement, ils ont d’ores et déjà montré leurs ambitions pour ce premier championnat. Ces entraînements n’étaient pas obligatoires, mais un grand nombre de joueurs s’y est rendu dans le but de progresser rapidement.

Dès le début de ce semestre d’automne, deux entraînements hebdomadaires les mardis et vendredis donnés par Christopher Clark et Nicolas Donner (entraîneur-assistant) préparent les joueurs pour la compétition. «Même si on a été obligés de commencer tout en bas du classement en 5ème ligue, je suis conscient que mes joueurs vont tout faire pour monter le plus vite possible. Ils sont motivés et se donnent à fond pour réussir. On espère donc pouvoir atteindre cet objectif». Pour le moment, le FC Unine a plutôt bien réussi son pari : il a gagné tous ses matches et a pris la tête du classement. En ce qui concerne la suite, le club espère pouvoir créer un entraînement spécifique pour une équipe féminine et aussi une équipe de foot en salle. Les membres du comité souhaiteraient aussi pouvoir organiser des conférences autour du sport, ce qui permettrait aux étudiants de découvrir ou d’approfondir ce sujet très varié.

Slam