Evénements

Un regard sur le Salon de l’(e)automobile

EXPOSITION
Avec une légère baisse du nombre de visiteurs pour sa 78ème édition, le Salon de l’automobile semble peiner à se renouveler. Et pourtant. Les constructeurs automobiles ont cette année misé sur l’écologie et l’innovation, avec, pur hasard ou habile stratagème, une stratégie de nombreux exposants misant sur le thème de l’océan pour attirer les clients. Mais avec des résultats mitigés.Petit tour d’horizonde.
de Genève Sébastien Anker

Avec un peu moins de 730.000 visiteurs pour sa 78ème édition, le Salon de l’automobile de Genève est une figure référence dans le domaine de l’automobile. Pourtant, le record d’entrées n’a pas été battu cette année, en comparaison des près de 750.000 entrées lors de son 100ème anniversaire en 2005. Fait étrange, étant donné les débauches d’innovations auxquelles se sont livrés les constructeurs automobiles cette année. Une attention plus large de la part du public aurait été attendue, notamment par la multiplication de modèles « verts » et de modèles plus ou moins… extravagants.

« Vague verte »
En effet, certains modèles ont cette année misé sur une écologie sans failles afin de se démarquer. Faisant pâle figure à côté des luxurieux modèles des industries Porsche, Ferrari et Jaguar, la « Th!nk City » des entreprises Ford n’en est pour autant pas à dédaigner. Présentée sous une forme peu habituelle lors du l’exposition, enveloppée dans une bulle hermétique géante symbolisant l’absence d’émissions du véhicule, cette voiture représente le futur de la voiture écologique. Totalement électrique, rechargeable sur une prise 16 Volts, cette voiture aux airs de Smart peut atteindre une autonomie de 180 kilomètres sans émettre la moindre pollution. Interrogé sur le phénomène de la « vague verte » submergeant l’exposition cette année, le directeur de l’exposition Rolf Studer a expliqué le phénomène par « les nombreuses discussions tournant autour des émissions de CO2. Aujourd’hui, tous les constructeur de renom ont au moins une voiture à propulsion alternative dans leur gamme. », dans une interview de la TSR.

Contre vents et marées
Si le cette édition a été placée sous le signe de l’écologie, elle l’a également été sous le signe de l’océan. La Mazda « Taiki » possède, elle, un extérieur aérodynamique lui conférant, selon la perspective, une apparence de raie marine ou de baleine argentée, et passe difficilement inaperçue. Toutefois, l’aspect futuriste semble plutôt céder au désir d’améliorer l’image de Mazda qu’à un réel désir d’innover. En effet, les questionnaires aimablement délivrés par les employés de Mazda portaient plus sur l’image de la marque que sur les caractéristiques de leur nouveau modèle.
Plus loin, le stand de Nissan a attiré les curieux, non pas uniquement grâce à ses charmantes hôtesses, mais surtout par la nouvelle Pivo 2, une voiture aux allures de tortue folle, capable de faire pivoter son habitacle à 360 %, la rendant capable de se parquer latéralement, ou de repartir en sens inverse instantanément. Là également, coup de pub ou nouvelle approche du concept de voiture urbaine, rien n’est encore certain. Il n’empêche que les curieux étaient nombreux à admirer la présentation du véhicule.
Certaines marques telles que Rinspeed sont parvenues à combiner écologie avec originalité. La « sQuba », dernier modèle présenté lors du Salon de l’Auto, est elle – encore – inspirée du monde aquatique. Cette voiture permet aux passagers, entre autres, de naviguer tout comme un poisson sous dix mètres d’eau… et assure une vitesse de pointe sur terre ferme de 120 Km/h grâce à son moteur électrique. Quant à l’application réelle de cette voiture… une apparition dans un prochain « James Bond » ?

Pour tous les budgets
Quant à la nouvelle « Nano » du constructeur indien Tata Motors, son apparence extérieure n’est guère attractive. Sa nouveauté, en effet, vient de son coût, qui est un des plus bas du marché, avec seulement 2. 800 Francs à débourser pour un modèle neuf. Elle a été présentée dès ses débuts comme « la voiture du peuple », avec l’objectif avoué d’être accessible même aux familles les plus modestes. Quant à l’opinion de Budhaditya Banerjee, étudiant indien récemment installé à Neuchâtel, elle est sans équivoque : « La « Nano » ne fera qu’augmenter les problèmes de circulation en Inde, dans le cas où chaque famille se procure un exemplaire. C’est un projet totalement inutile ». Il se pourrait également que sa commercialisation soit interdite Europe, étant donné les normes de sécurité minimales du modèle.

« Pas si vert que ça »
Malgré l’omniprésence des labels « verts » venant des constructeurs automobiles, des critiques venant de Greenpeace ont fusé. Dans leur communiqué de presse, Cyrill Studer, responsable de la campagne Transports de Greenpeace Suisse, critique la volonté de promouvoir les véhicules par leur aspect non polluant : « Ce n’est pas seulement la pub qui va résoudre le problème des changements climatiques et qui nous préservera de leurs conséquences dramatiques ». En effet, selon une étude de Greenpeace, si certains modèles sont réellement efficaces pour la protection du climat, d’autres font nettement augmenter la moyenne de CO2 émise par les modèles exposés lors du Salon. Notamment les quatre roues motrices, toujours très présentes.
Le monde marin, avec ses connotations de pureté et de propreté, a été abondamment utilisé par certains grands constructeurs lors de leurs opérations marketing. D’autres ont misé sur une dévaluation des prix. Certains enfin ont eu une véritable conscience écologique. Il semblerait que cette édition du Salon de l’auto soit représentative des prochains courants en matière de construction automobile.
S.A.

Eclairage

La neige de retour à Pâques

Grand joie pendant les fêtes pascales pour les amateurs du sport d’hiver par excellence et les stations de montagne.
Le début du printemps et Pâques ont été marqués par le retour de la neige.

Une bonne partie de l’Europe s’est réveillée sous un manteau blanc. En Suisse, la neige n’a pas épargné le Plateau. Des flocons sont tombés de Genève à Zurich, selon MétéoSuisse. Ils ont ensuite cédé la place à la pluie en général.
Le mercure a eu de la peine à dépasser le zéro degré en plaine. A Genève et Bâle il n’a pas dépassé les trois degrés. Les températures étaient plus douces au Tessin: elles ont grimpé à dix degrés à Lugano.
De grosses disparités régionales ont été constatées concernant les quantités de neige au sol. Si on comptait localement de 3 à 9 cm en matinée sur le Plateau et dans le bassin lémanique, jusqu’à 25 cm ont été mesurés dans le Jura.
De 20 à 40 centimètres de neige sont tombés sur le versant nord des Alpes et le danger d’avalanche était marqué.

La Rega au premier plan.
Les adeptes de sports d’hiver qui ont bravé le froid samedi ont aussi affronté le fort danger d’avalanche lié aux chutes de neige. Plusieurs coulées se sont produites et la Rega est intervenue cinq fois.
Une des interventions était dans le canton de Berne. Coulée de neige à Grindelwald
Dans la même région, une avalanche s’était déjà déclenchée samedi vers 11h30 au-dessus du domaine skiable de Grindelwald-First (BE). Deux amateurs de snowboard pourraient en être à l’origine selon des traces vues par des témoins, ont indiqué les chemins de fer de la Jungfrau. La lave de poudreuse a traversé une piste de ski et de luge en deux endroits. Par précaution, une opération de recherche impliquant 25 personnes, deux hélicoptères et trois équipes de chiens de sauvetage a été menée.

Les CFF n’ont pas été gagnants
Les mauvaises conditions se sont répercutées sur le trafic ferroviaire. Des chutes de neige accompagnées d’un fort vent ont bloqué des aiguillages à Longeau (BE), entre Bienne et Granges (SO).
Les trains ont subi des retards jusqu’à 30 minutes sur les trajets Lausanne-Bâle et Lausanne-Zurich. Ces perturbations sont intervenues tôt le matin, dès le début du service, a expliqué à l’ATS Jean-Louis Scherz, porte-parole des CFF.
A cause des intempéries, le petit train entre Caux et Les Rochers-de-Naye (VD) ne circulait pas. Autre exemple: le tronçon Gänsbrunnen (SO) -Moutier (BE) a été interrompu en raison d’un arbre tombé sur la ligne électrique.

Rien d’exceptionnel on a déjà connu la météo capricieuse
De la neige à Pâques n’est pas exceptionnel, même si ce week-end prolongé n’est jamais tombé aussi tôt depuis 1913. L’or blanc avait fait son apparition jusqu’à 900 mètres d’altitude le samedi de Pâques 2004 (10 avril), a précisé MétéoSuisse. De la neige mêlée de pluie avait également été enregistrée à cette période en 2001 au nord des Alpes.
Le vent était aussi au rendez-vous, surtout en montagne. Les rafales les plus puissantes ont été mesurées au Säntis, avec des pointes à 146 km/h, au Titlis (140 km/h) et au Moléson (131 km/h). Eole a entravé le fonctionnement du téléphérique du Mont Pilate. Dans la région du lac Léman, le vent soufflait jusqu’à 50 km/h.
V.vA.