Souriez, vous êtes surveillés. Le scandale du contrôle des données personnelles sur le web a provoqué un tollé dans les médias. Le internautes hurlent au scandale protestant la liberté individuelle. Ils se sentent épiés par une entité suprême et invisible à l’affût dû moindre comportement jugé suspect. Sentiment légitime au regard de l’ampleur de la toile tissée. La vie privée doit-elle être sacrifiée sur l’autel de la transparence ? Éclairage.
Photo : Maéva Besse
Edward Snowden, actif au sein de la CIA pour le compte de la NSA (National Security Agency) , a révélé à la communauté publique le contrôle systématique et controversé des données personnelles des internautes. Fournies par les principaux organismes du web, lesdites données sont ensuite analysées par les organisations gouvernementales américaines. Notamment Facebook, Apple et Google, véritables océans d’informations privées, seraient des protagonistes de ce programme de surveillance baptisé «Prism». L’internaute « adhère » à ces pratiques en ratifiant le contrat d’utilisation du service, réputé interminable à déchiffrer. Le blâme qui incombe à l’internaute , c’est la naïveté de croire à la confidentialité.
La confiance accordé en internet est un paradoxe étant donné sa très relative confidentialité. Le pouvoir de la masse assomme la vigilance. Si les « amis » d’un individu publient des photos, il est probable que cet acte lui ôte tous soupçons quant à un éventuel risque. Ce n’est pas être dupe, c’est attribuer une confiance en autrui. L’aspect tristement perfide de ce phénomène, c’est qu’il est amplifié et donc biaisé à travers les stratégies de développement des entreprises concernées. Une nuance doit toutefois étayer la critique, Facebook, Google et autres n’incarnent pas le malin. L’internaute doit orchestrer lui-même sa « cyber conduite » et agir avec méfiance. Triste. Le contrôle des données peut à juste titre nourrir un sentiment de révolte en chacun.
Au delà de l’indignation individuelle, la question fondamentale est celle des limites que se fixe le gouvernement américain. Edward Snowden a ouvert une porte volontairement close au citoyen. Ces informations dissimulées, politiquement incorrectes ne sont peut être que la pointe de l’iceberg. Sans sa dénonciation, quel citoyen lambda aurait un jour eu connaissance de « Prism » ? Et là, réside toute la problématique : combien de portes sont encore closes ? La « transparence » qui émane du gouvernement est illusoire. A croire que l’arriération mentale du citoyen en rapport de l’élite est si importante que rien ne doit être divulgué. Nul besoin d’une transparence complète mais d’établir des limites précises de cette transparence. La sécurité ne doit pas être compromise, certes, mais le citoyen ne mérite pas ce statut, celui d’ignare. Il est plus qu’un ahuri allergique à la réflexion. Du moins, espérons…
DiMa