L’Auvernier Jazz Festival, un écrin musical

Photo : @Guillaume Perret (photographe AJF)

Du 28 au 30 août se tenait l’Auvernier Jazz Festival, annuel rendez-vous des amoureux de la musique sur les rives du lac de Neuchâtel. Un rendez-vous à ne pas manquer pour son intimité et la qualité de sa programmation. Larticle.ch s’est rendu sur place le vendredi soir pour une soirée riche en couleurs sonores.

Le soleil brille encore lorsque la 7ème édition de l’Auvernier Jazz Festival est lancée. Ce soir, trois rendez-vous musicaux éclectiques attendent les spectateurs. Le cadre est propice à la flânerie, le lac en fond visuel, derrière une belle scène à ciel ouvert. Quelques bancs posés à même les rives et une ambiance décontractée accompagnent l’harmonieux ensemble.

Première à se lancer, Tiza Brown, auteur-interprète originaire du Michigan, une voix et un coffre hors du commun qui se répercutent sur l’ensemble du site. Des mélodies entraînantes portées par une folle énergie, entre reprises et compositions originales. Tiza Brown c’est un subtil mélange de soul, de funk, de groove et de partage. Les spectateurs se multiplient et sont bercés par le clapotis des notes alors que le soleil se couche sereinement. Elle nous présente son nouvel album, entre R&B et soul, style inimitable et réelle volonté de transmettre ses diverses influences. La voix est grande, tout autant que la personne. L’ambiance reste toutefois tranquille sur les bancs, malgré les nombreux et sincères applaudissements.

Alors que la pleine lune se reflète sur le lac et fait vibrer les pupilles, c’est au tour de Bernhoft de venir fouler la scène d’Auvernier. Le musicien norvégien arrive seul, entouré de ses instruments : un auto-tuner, un clavier ainsi que deux guitares. Plébiscité pour sa technique irréprochable, tirant ses influences de Stevie Wonder et des années pop, il déploie sa panoplie musicale tout en finesse, en intensité et en profondeur. Sa tournée mondiale l’a amenée à fréquenter de grandes scènes, notamment afin de présenter son nouvel album, “Islander”, acronyme référence à son lieu d’origine et l’univers aquatique qui l’entoure, aux saveurs fraîches et estivales. C’est avec brio et assurance que l’artiste livre sa performance scénique époustouflante, et même quelques minutes de problématique technique sonore ne l’empêchent nullement d’offrir toutes ses nuances musicales. Au-delà de la performance instrumentale, sa voix est vibrante d’émotions et surtout d’une justesse détonante, atteignant des aigus bien supérieurs à ceux de la majorité humaine. Le public est conquis, subjugué même, pourtant l’ambiance reste calme alors que les rythmes invitent à se déhancher et à se laisser emporter, loin, très loin des rives d’Auvernier.

Et c’est ainsi que la soirée vient toucher à sa fin, alors que le public se disperse et que la nuit se fait tardive. Mais ce n’est pas encore le moment de partir, un dernier artiste s’avance afin d’illuminer la scène. Marcia Faraco, artiste brésilien aux mille et unes sonorités musicales, a plus d’une corde à sa guitare. C’est avec finesse et professionnalisme qu’il délivre de subtiles notes aux diverses influences, entre samba et bossa nova, avec quelques fragments de jazz et de manouche. Sa carrière est ponctuée d’effluves brésiliennes, mais aussi françaises, puisqu’il voyage depuis son plus jeune âge, guitare à la main. La soirée est douce, tout comme la voix de Marcia, au parfum de “j’en veux encore”.

Le voyage, thème récurrent de cette première soirée à l’Auvernier Jazz. Entre les influences soul de Tiza Brown, la pop novatrice du norvégien Bernhoft et les effluves de samba brésilienne de Marcia Faraco, le festival a su proposer à son public une programmation riche en dépaysement et en nuances. Les oreilles se sont régalées tout autant que les mirettes.
Lorsque Larticle.ch demande à une spectatrice quels sont les adjectifs qu’elle utiliserait pour décrire le moment qu’elle vient de vivre, voici ce qu’elle répond : “Ensoleillé, flamboyant, haut en couleurs et pétillant”. En effet, la qualité de la programmation est toujours au rendez-vous, et le record d’affluence a été enregistré lors de cette septième édition : plus de 5.000 spectateurs en trois jours. Avec, c’est certain, un goût de « reviens-y ». A l’année prochaine Auvernier !

NoAn.

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