Silvio Berlusconi, enfin à terre ! Celui que beaucoup considéraient comme un venin pour l’Italie est hors-jeu après des années où ses histoires faisaient la une des journaux européens, les dirigeants du pays de Verdi en ont eu assez et se sont retournés contre le Cavaliere.
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Silvio Berlusconi est un homme d’affaire qui a décidé, en 1994, d’entamer une carrière politique. Après une démission forcée du poste de Président du Conseil pour des histoires de corruption, il forme plusieurs partis politiques liés à la droite et l’extrême droite et atteint le pouvoir en juin 2001. Il occupe alors un des quatre postes politiques les plus importants d’Italie (qui sont : le président du Conseil, le président de la Chambre des Députés, le président du Sénat et le président de la République).
Depuis sa venue au pouvoir, Silvio Berlusconi a fait voté trente-six lois qui lui ont permis d’être immunisé contre la justice de son pays. Il a également acheté et corrompu un bon nombre de personnes importantes. Ces dernières l’ont notamment protégé et aidé à garder son trône. Malgré une multitude de déboires fiscaux et sexuels apparus à la une des journaux nationaux et européens, la majorité du peuple italien a continué de voter en sa faveur. Ce qui était complètement incompréhensible pour les étrangers et certains descendants de la « génération Berlusconi ». Ils le considèrent comme un mauvais homme politique abusant de sa position. Son influence a attiré bon nombre de jeunes loups avec un goût prononcé pour la politique, notamment Angelino Alfano.
Angelino Alfano est un avocat originaire d’Agrigente. Il était considéré comme un homme de confiance proche de Berlusconi et également perçu comme son successeur. Il a été nommé par le Cavaliere secrétaire général de son parti, le Peuple de la Liberté. En avril 2013, il est devenu vice-président du Conseil étant ainsi chargé du ministère de l’intérieur.
Trahi par ses collègues et son dauphin, Berlusconi a vu ses espoirs de rester au pouvoir anéantis. Avec une condamnation ainsi que six ans d’inéligibilité, le Cavaliere n’est plus en course. Ce requin de la politique qui a vu défiler bon nombre d’ennemis ne peut lutter contre le temps qui le condamne à attendre ses 83 ans avant de pouvoir se faire réélire. Alfano ne peut être vu que comme un espoir par tous ceux qui maudissaient le sort du milliardaire, sidérés de voir que, malgré tout, il se faisait choisir à nouveau par son peuple.
Cette vision est pourtant idéaliste. L’ovation occidentale faite à Obama lors de son élection est encore imprégnée dans les mémoires, le premier noir à la présidence, celui qui allait changer les choses ! Et maintenant, que reste-t-il de ses belles espérances ? Même si le vieux lion est maintenant en cage à coup sûr, il serait naïf de penser que l’avocat d’Agrigente va faire des miracles. Peut-être moins perverti par la vie politique et ses paillettes, Angelino Alfano n’en reste pas moins un homme avec ses faiblesses et ses tentations, qui ne peut porter un pays en crise à la force de ses bras. Le temps nous dira ce qu’il faut en penser, mais les Italiens peuvent déjà se réjouir d’une chose : ils n’ont plus à se soucier de Silvio Berlusconi.
M.D