Le revenu de base inconditionnel: belle utopie ou réalité future?

Un revenu de base pour tous? Qui n’a jamais rêvé de cela? Cette initiative lancée par www.bien.ch et soutenue par de nombreuses personnalités pourrait bien changer notre façon de concevoir le travail et les différentes aides sociales. Mais est-ce vraiment réalisable? Tour d’horizon.

Photo : Web 

Pour y voir plus clair, commençons par expliquer comment ce « RBI » fonctionne. Il se présenterait sous la forme d’un versement mensuel par une caisse publique, à chaque individu. Le montant s’élèverait à environ 2500 frs (pour les adultes), ce qui permettrait de couvrir les besoins fondamentaux de l’être humain. Il remplacerait en grande partie les assurances sociales actuelles et serait cumulable avec d’autres formes de revenus, tel que le salaire.

 Plusieurs arguments sont avancés en faveur de ce revenu. Tout d’abord, d’après le site web bien.ch, celui-ci s’impose dans une économie qui ne peut plus garantir le plein emploi. En effet, cela donnerait la possibilité, soit de travailler moins, ou a contrario, de travailler plus ou de travailler, tout simplement. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le RBI n’encouragera pas la paresse, mais permettra de mieux s’adapter aux possibilités qu’offre le marché du travail. Cela, toujours d’après eux, provoquera une revalorisation des emplois, puisque les demandeurs d’emplois pourront désormais plus facilement refuser une offre insuffisante. Enfin, ce revenu de base pourrait être financé grâce au transfert du montant économisé sur les prestations sociales, à un impôt (qui ne devrait pas toucher les revenus modestes) et par le montant économisé dans les entreprises avec la réduction de leurs charges salariales. Par dessus tout, c’est la réponse à l’article 25 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui stipule que tout être humain a droit à un niveau de vie suffisant. C’est donc un droit qui éradiquerait l’extrême pauvreté, mais encouragerait aussi les activités non-marchande, d’après le site www.revenudebase.info.

Tout cela paraît idyllique, mais est-ce vraiment réalisable? Jean Christophe Schwaab, membre du parti socialiste vaudois affirme qu’il faut s’opposer à cette initiative. En effet, il pense qu’au lieu de la suppression des emplois précaires, il y aura plutôt une baisse des salaires. Pour lui, les bénéficiaires ne seront pas libérés de devoir « gagner leur vie », le RBI n’étant pas suffisant à couvrir les besoins, et ainsi, les emplois précaires ne disparaîtrons pas. Une autre faiblesse de cette initiative, c’est que l’opinion public ne la croit pas réalisable. Ce qui est problématique puisque c’est celle-ci même qui devra signer et voter. Cette initiative est très méconnue et c’est pour cela qu’on ne lui porte peu de crédit. On peut également craindre une baisse du temps de travail (et donc de l’économie). Les personnes gagnant déjà un revenu auraient tendance à diminuer le nombre d’heure de travail. Il faut savoir cependant que des études ont été réalisées aux Etats-Unis qui ont permis de démontrer que baisse de travail, il y a, mais d’une bien moins grande ampleur qu’attendue.

Finalement, nous pouvons voir que, malgré quelques oppositions concrètes, il y a plus d’arguments pour ce projet. C’est certainement une révolution dans notre manière de concevoir la société et le monde du travail. Certes, il y a des risques d’une légère perte d’activité, du moins à moyen terme, afin que tout se mette en place, mais au final peut-être que c’est pour y gagner par la suite. Utopique ou non, ce projet mérite qu’on s’y intéresse vraiment.

Cham

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