Avec plus de deux heures de concert où s’enchainaient les titres marquants de leur discographie, le groupe allemand Kraftwerk n’a pas déçu le public du Montreux Jazz Festival.
Photo : 2013 FFJM – Lionel Flusin
Chacun, debout, derrière son podium et très concentré, les 4 membres du groupe avaient l’air d’être des robots maniant à merveille la musique électronique. Accompagné par les très attendus effets visuels en 3D, cela rendait le concert encore plus grandiose.
La note de la soirée était tout de suite annoncée lorsque le groupe débuta avec « The robots », un titre dans lequel il proclame « We are the robots ». Les figures géantes en 3D accompagnant ce morceau donnaient une dimension encore plus grande à cette chanson. Seul chanteur du groupe, Ralf Hütter avec sa voix transformée à l’aide d’un vocodeur, enthousiasmait la salle à chaque fois qu’il chantait ou parlait au micro. Chose intéressante, toutes les paroles apparaissaient en 3D sur écran permettant au public d’accompagner le chanteur mais aussi d’assimiler les différents messages tels que « Stop radioactivity/ It’s in the air for you and me ».
Voir Kraftwerk en live était comme voir l’histoire de la musique électronique défiler devant soit. Il y avait les classiques à l’exemple de « The Model » et « Autobahn » qui rappelaient les premières chansons électroniques, puis «Computer World» et « Computer love » qui rappelaient non seulement les premiers sons électroniques par ordinateur mais aussi avec vocodeur. Et, enfin «Spacelab» qui est un des morceaux fondateurs de la musique de science fiction. Chaque titre joué illustrait l’influence incontestable de Kraftwerk sur la musique et les artistes passés et présents.
L’un des moments forts du concert était l’instant où ils ont joué « Computer Love », une des chansons les plus dansantes de leur catalogue. Durant ce morceau, le public s’est laissé aller à quelques mouvements et a failli transformer la salle en une piste de dance géante. L’autre moment marquant était lors de « Spacelab ». Grâce au visuel 3D, le public s’est vu transporté dans un vaisseau spatial et s’approcher de la riviera vaudoise. Il va sans dire que les visuels en trois dimensions faisaient parties des éléments qui ont fait de ce concert un moment magique.
Bien évidemment, pour un public non-averti, quelques chansons pourraient avoir été trop longues ou monotones à certains moments mais c’est ce qui fait le charme de Kraftwerk. De plus ce n’est pas toujours que l’on voit un groupe actif depuis plus de 43 ans produire un concert extraordinaire.
A.C